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Questions directes à Guy Solo Mananga

 
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    6 DECEMBRE 2005 Capitaine de l’ex-Garde civile, para-commando de la 313ème promotion, Guy Solo Mananga a assumé pendant plusieurs années la fonction de chef du détachement de sécurité à la « Primature ».

    A ce titre, Il a eu en charge la protection rapprochée de plusieurs Premiers ministres. Agé de 44ans, « Guy » est un des fondateurs du MLC. C’est en cette qualité qu’il a décidé de rompre le silence face à la crise qui menace la cohésion au sein de cet ex-mouvement rebelle.

    « En s’emparant de Gbadolite, Bemba espérait trouver des caches d’argent dans le sous-sol de la résidence de Mobutu à Kawele »

    A qui appartient le label « MLC » ?

    Le MLC a trois pères fondateurs. Il y a Jean-Pierre Bemba, le colonel Louis Segond Karawa et moi-même. En prenant corps au pays, le MLC a eu à recruter ses premiers cadres à partir de Kisangani. C’est à partir de Kisangani que les Papy Kibonge, Samuel Simene, Ngoto et Mama Odette Nzenze ont été recrutés. Celle-ci a été la première militante du mouvement.

    Il semble que les généraux Nzimbi, Baramoto et l’Amiral Mavua auraient également contribué à la naissance du MLC Il est vrai que ces généraux ont été, en amont, à la base de la création de ce mouvement.

    Lorsque l’organisation a commencé à mener des opérations militaires sur le terrain, ces officiers supérieurs ont apporté une contribution substantielle. C’est le cas surtout du général Philémon Baramoto.

    On dit qu’une délégation du MLC était partie à Kigali tout au début. Pourquoi ?

    Nous avons effectivement été contactés en octobre 1998. Nous nous sommes rendus à Kigali pour voir ce qui se passait là-bas. Il nous a été demandé d’adhérer dans le RCD qui venait de naître. J’ai préféré plier bagage après avoir compris à qui on avait à faire.

    Votre démarche n’est-elle pas paradoxale d’autant plus que le régime rwandais a été un des principaux acteurs de la chute du pouvoir zaïrois que vous serviez jadis ?

    Ce n’est pas un paradoxe dans la mesure où nous sommes un peu « condamnés » à nous entendre avec les Rwandais. Je vous dis tout de suite que je n’approuve pas l’invasion de notre territoire par l’armée rwandaise.

    Nous sommes allés à Kigali pour écouter nos interlocuteurs. Arrivés là-bas, des officiers qui entouraient Jean-Pierre Ondekane ont commencé à ironiser sur notre passé « mobutiste ». Je n’ai pas digéré ce fait. Par ailleurs, je me suis rendu compte que toutes les décisions concernant le RCD se prenaient à Kigali. C’est ainsi que nous avons contacté Kampala.

    Voulez-vous insinuer que le RCD serait téléguidé à partir de Kigali ?

    Bien-sûr !C’est connu de tous. Au MLC, nous avons préféré agir autrement. Les Ougandais nous ont donné la logistique sans engager leurs troupes sur le territoire congolais. Votre séparation avec JP Bemba s’est passée dans les mauvaises conditions.

    Que s’est-il passé exactement ?

    J’ai été emprisonné dans le maquis de Bemba pendant 22 mois. C’était à la prison d’Angenga à Lisala. J’ai été arrêté pour « détournement » de 120 mètres de cube de diesel qui se trouvait dans le dépôt de la société SEP-Congo à Akula. En réalité, j’ai payé cher mon insoumission. « Jean-Pierre » exècre toute forme de contradiction. Ce carburant a été détourné par un commandant de bataillon de la place.

    Vous n’étiez donc qu’un bouc émissaire ?

    L’histoire du détournement de carburant a été montée de toutes pièces. La cause est ailleurs. J’avais prévenu Jean-Pierre Bemba sur les excès que commettaient les Ougandais : vols, viols etc. Le chef du MLC était impuissant face aux Ougandais. Les soldats de Museveni étaient reçus à la résidence de Bemba avec tous les égards pendant que le colonel Amuli Bahingwa, l’actuel général, lui, restait debout. J’ai passé cinq mois en prison. Ce sont des religieuses belges qui ont fait pression pour que je sois jugé en bonne et due forme. J’ai été jugé par une commission militaire composée à moitié des officiers ougandais. J’ai été acquitté. Non content de me revoir libre, Bemba donna l’ordre qu’on me remette en prison. Mes ennuis résultent du fait que j’étais proche d’un général qui a failli voler la vedette à JP Bemba.

    Qui est ce général ?

    Ce n’est pas un secret : c’est le général Baramoto. Jean-Pierre Bemba avait incité un groupe de quinze universitaires congolais à aller à Kampala pour accuser le général Baramoto d’avoir été un « génocidaire ». Les quinze prétendaient que le général avait exterminé leurs parents. Rien de plus faux.

    Quel en était l’objectif ?

    L’objectif était simple. Il fallait écarter Baramoto du front à partir de Lisala. Et pourtant, lorsque Kabila a lancé son offensive pour la reconquête de Lisala, c’est Baramoto qui est intervenu financièrement auprès des Ougandais pour éviter la débâcle du MLC. Les Ougandais croyaient que Bemba avait un butin de guerre. Il leur avait fait croire que le maréchal Mobutu avait laissé des caches d’argent dans le sous-sol de sa résidence à Kawele. Le président Museveni est venu à Gbadolite. Rien n’a été trouvé.

    Museveni est venu à Gbado pour chercher les caches d’argent laissées par Mobutu ?

    Je vous le dis ! Il est reparti bredouille à Kampala le même soir. J’étais en prison. Tous les faits m’ont été rapportés par des militaires qui m’étaient restés fidèles. Certaines stratégies du MLC ont été motivées par le prétendu trésor caché par Mobutu à Gbadolite.

    Voulez-vous sous-entendre que le MLC s’est emparé de Gbadolite juste pour se livrer à une « chasse au trésor » ?

    Quelle est, selon vous, l’importance stratégique que présentait Gbadolite ? L’électricité produite par le Barrage de Mobayi Mbongo ? Au contraire, si le MLC avait ciblé Mbandaka, il aurait pu arriver à Kinshasa dans les cinq mois qui suivaient. Pire, Bemba n’a pas fouillé que le sous-sol de Kawele.

    Il est allé jusque dans la Crypte Marie la Miséricorde là où le président Mobutu a enterré sa première épouse Marie-Antoinette et d’autres membres de sa famille. Ils savent ce qu’ils ont fait dans la Crypte...Ils vont lire ce que je suis entrain de dire.

    La presse kinoise fait état d’un conflit ouvert entre Jean-Pierre Bemba et Olivier Kamitatu. Quelles sont, selon vous, les causes profondes de ce contentieux ?

    Il y a une seule cause. Et c’était prévisible. Lorsque j’étais en prison à Angenga, je le disais dans les correspondances que j’adressai à Kamitatu. J’exhortais celui-ci à cesser de cautionner les agissements de Bemba. A défaut, lui disais-je, il connaîtra le sort qui était le mien à l’époque. Bemba ne tolère pas les contradicteurs.

    Il oublie que le MLC n’est plus un mouvement rebelle ; c’est un parti politique. Dans la configuration politique actuelle, « Olivier » ne pouvait plus fermer les yeux face à l’absence de démocratie qui règne au sein du parti. Voulez-vous dire qu’il n’y a pas de débat démocratique au sein du MLC ? Le pouvoir de décision appartient donc à un seul homme ?

    Personne ne me contredira si je répondais par l’affirmative. Les cadres du parti ne disent rien parce qu’ils sont quasiment tous à la recherche d’un gagne-pain. Ils ne font pas la politique pour servir l’intérêt général mais simplement pour se remplir les poches. « Olivier » a compris que le moment est venu pour réagir. C’est une grande décision qu’il a prise. Je l’exhorte à rester ferme jusqu’au bout.

    La décision prise par Kamitatu n’est-elle pas tardive ? Je crois que Kamitatu espérait que son ami allait changer. Hélas, les hautes responsabilités exercées par Bemba ne lui ont pas apporté une dose de sagesse pour rompre avec certaines mauvaises habitudes.

    Comment expliquez-vous l’embourgeoisement des dirigeants du MLC, parti politique ?

    Une petite anecdote. Lorsque nous avons commencé la conquête de la province de l’Equateur via Buta en province orientale, Karawa et moi avons marché de cette ville jusqu’à Zongo. Lorsqu’un territoire tombait entre nos mains et que les alentours étaient sécurisés, Bemba arrivait sur le lieu en compagnie du général ougandais James Kazini. Jean-Pierre s’adressait à la population.

    Savez-vous ce qu’il disait ? Il annonçait que nous avons pris les armes parce que le régime Kabila avait arrêté son père qui a dû payer 500 mille $ US à LD Kabila. A deux reprises, j’ai dû quasiment lui pincer la peau pour lui faire comprendre qu’il se trompe de discours.

    Je crois pouvoir dire que Bemba n’a pas pris les armes pour le bien-être de la population. Il s’est engagé en politique pour s’enrichir et récupérer tout ce qu’il avait perdu au lendemain de l’arrivée de l’AFDL.

    Apparemment, Olivier Kamitatu ne tire pas profit de la baisse de popularité du « Chairmain ». Il semble que Jean-Pierre n’est ni meilleur ni pire qu’Olivier ? Je ne suis pas dans le secret des Dieux. Je ne crois pas que Kamitatu pourrait avoir un million de dollars dans son compte. Il ne peut rien avoir de Bemba. Je peux vous dire que tout ce que le MLC a eu comme butin de guerre était destiné à l’enrichissement d’une seule personne : Jean-Pierre Bemba.

    Cela fait plusieurs années que vous vivez en exil. Pourquoi avez-vous décidé de rompre le silence observé jusqu’ici ?

    Je sors de mon silence pour ne pas assister en spectateur devant la mort lente de l’œuvre que j’ai pu « enfanter » avec les autres. Il s’agit du MLC. Vous savez, durant le maquis, Jean-Pierre Bemba a fait tuer des gens.

    C’est une accusation grave. Pouvez-vous citer des noms ?

    Je sais qu’il a tué des gens. Je suis un militaire. Je sais de quoi je parle. Bemba sait que je sais qu’il a tué des gens. D’ailleurs, il a fallit me tuer. J’ai eu la vie sauve grâce à la population de Lisala qui s’est opposée à mon élimination.

    Certains diront que vous réglez des vieux comptes avec Bemba Si j’avais l’intention de régler des comptes, je l’aurai fait dès mon arrivée en Belgique. Pourquoi aurai-je attendu cinq ans pour le faire ? Je veux plutôt sauver le MLC. Je veux que le MLC devienne un vrai parti politique et que Bemba soit mis « hors d’état de nuire ». C’est un homme dangereux !

    Etes-vous conscient de jeter un véritable pavé dans la marre à quelques mois des élections ?

    Je voudrais que le peuple congolais sache la vérité sur certains de ses politiciens. Il faut que la population connaisse la moralité des personnalités qui ont la prétention de la gouverner au cours des cinq prochaines années. Après quinze ans de crise, j’espère que le peuple congolais ne voudrait pas qu’on recule encore de vingt années avec un homme comme Bemba.

    Quel est le message que vous comptez adresser à vos ex-camarades du MLC ?

    Je leur demande de ne pas baisser les bras. Je leur demande également de ne pas quitter le navire MLC dont la barre est tenue par ce mégalomane de Bemba. Ils doivent chercher les voies et moyens de promouvoir un leadership fédérateur à la tête du parti. Le MLC n’est pas la propriété privée de Bemba. « Jean-Pierre » répète sans cesse à ses camarades qu’il ne doit rien à personne. Et pourtant, il doit tout au peuple. Je ne suis pas originaire de la province de l’Equateur. Je suis du Bas-Congo. Je peux vous assurer, en toute modestie, que je suis capable de battre Bemba dans son propre fief.

    Est-il vrai que Kamitatu s’est rapproché de Pierrot Pay Pay qui a annoncé sa candidature à la présidence ?

    Je ne peux ni confirmer ni infirmer cette information. En politique, il y a des alliances qui se forment. Il n’y a aucun mal à faire alliance avec Pay Pay ou un autre. Je peux vous assurer que Jean-Pierre Bemba n’a aucune assise. Je ne peux qu’encourager la conclusion de telles alliances.

    Quel serait, selon vous, le profils du prochain président de la République ?

    Le futur président de la République doit être avant tout un rassembleur.

    Pensez-vous que le chef de l’Etat sortant correspond à ce portrait ?

    J’ai bien peur que non. J’ai crains qu’on cherche à bâcler les élections afin de permettre à quelqu’un de la trempe de Kabila d’en sortir vainqueur. Ce serait hautement regrettable. Le pays risque de stagner. Propos recueillis par B. Amba Wetshi

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    > Questions directes à Guy Solo Mananga , Par : P-Kansak,ex-officier dela Garde -Civile,meme promotion que Guy Solo,actuellement en exil au pacifique(océanie), 21 septembre 2006

    Je vais demander à mon ancien collegue de me dire pendant que J.P Bemba commettait tous ces delits,quel etait son attitude en tant qu,un meneur d,hommes et surtout officier de haut rang comme il pretend etre ? Et si Bemba ne l,avait pas limogé et emprisonné,est ce qu,il allait nous reveller tous ces secrets ? En outre,je demande à Guy Solo de me dire,quand et ou il avait fait la formation de para commando,et s,il peut me citer le nom de son chef direct à la 313 ème promotion.

    S,il peut nous prouver qu,il avait adheré à ce parti parce qu,il visait l,interet de la nation et non juste un interet financier comme J.P.Bemba selon ses reveletions ?

    N.B : Que Guy Solo reponde au peuple congolais à tous ces questions , sans quoi je vais aussi faire sortir les mefaits,forfaits qu,il avait commis pendant qu,il exercait ses fonctions à la defunte Garde -Civile du zaire avec ses protegés(general Baramoto,Nkongolo Mobutu, les grands libanais de l,epoque,...)

    Yours sincerely, Kansak

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