Mouvement de Libération du Congo en France

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    1. y a quelques jours, nous lisions, sous la plume de notre cher compatriote Dr. Tundanonga, qu’il était inimaginable et impensable tout ce qui se passe dans notre pays en proie à une rébellion non respectueuse de la vie des civils au Nord-Kivu, pays pourtant doté d’une loi constitutionnelle et des autorités légitimes, parce que démocratiquement élues.

    Et il vient de marteler en parlant de Barack Obama, la RD Congo et le Rwanda, lorsque, vers la fin de son posting, il se demande et/ou demande à tous pourquoi nous ne pouvions pas respecter et/ou faire respecter (ça c’est moi qui ajoute) notre constitution. Si je l’ai bien compris et je suis d’accord avec lui que cela voudrait simplement dire qu’en RDC, ce ne sont pas les textes des lois qui manquent, ce ne sont pas non plus des structures qui manquent, mais ce qui font défaut, ce sont plutôt la matérialisation ou l’application desdits textes et le fonctionnement desdites structures !

    2. Après cet amer constat, la grande question que nous avons le droit de nous poser et de surcroît poser à qui de droit est :

    Pourquoi et comment expliquer que l’application des nos textes légaux ainsi que le fonctionnement des structures étatiques continuent-ils à faire défaut dans notre pays qui, à raison, s’est débarrassé du dictateur Mobutu il y a déjà 11 ans ? Est-ce par ignorance desdits textes ou par incompétence des responsables sensés les faire appliquer ?

    Si non, y a-t-il quelque part une pesanteur, une main invisible qui bloquerait toute bonne application de nos lois et le fonctionnement correct de nos institutions parce que ne correspondant pas à sa volonté ? En d’autres termes, il s’agit de se demander comment donc en sommes-nous arrivés là, nous qui, autrefois, avons bien posé le diagnostic du mal congolais !

    J’ose croire, chers compatriotes, que c’était là l’objectif principal de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) que ceux qui n’ont rien avoir avec le mieux « vivre-ensemble » (dont parle JP Mbelu) ont balayé comme par un revers de la main !

    Je ne peux donc m’empêcher de dire que nous sommes retournés à la case départ si pas pire, parce qu’aujourd’hui la situation est plus dramatique qu’elle ne le fut au début des années 90, début du processus de la démocratisation. C’est là, mes chers compatriotes, la question qu’il faille se poser. Et je crois que les réponses nous les avons déjà. Parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

    3. Si nous sommes d’accord sur ce qui précède, alors il ne nous reste plus qu’à créer une dynamique ou une dynamite capable de faire sauter le goulot d’étranglement de la marche en avant du bateau Rd Congo, qu’il s’agisse de l’ignorance, de l’incompétence ou d’une quelconque « main invisible » quelle que puissante soit-elle, au lieu de continuer à se lamenter.

    C’est en d’autres termes, essayer de répondre à la question : Que faire pour, tant soit peu, y remédier ? C’est ici, il me semble, qu’il faut focaliser notre attention, nos énergies, nos savoirs et notre intelligence pour résoudre cette équation à multiples inconnues qu’est la déliquescence de notre pays.

    L’Etat congolais n’existe plus et cela est reconnu partout, même par celui qui disait que notre actuel chef de l’Etat est la chance du Congo ! C’est vraiment triste. Eh bien, le fait que nous soyons devenus la risée de tout le monde ne devrait-il pas, ne fût-ce que par un sursaut d’orgueil, nous pousser à relever ce défi ? Sans crainte d’être contredit, je peux me permettre de dire que cela est possible, car je ne crois pas qu’il se pose un problème de manque de moyens matériels ou financiers, du reste mobilisables, encore que ce ne sont pas non plus les ressources humaines qui nous manquent.

    Je ne pense pas non plus que nous ne soyons pas vraiment attachés à notre pays, que nous ne l’aimions pas assez comme on le dit ça et là ; mais il y a un petit quelque chose qui nous manque, quelque chose qu’on nous aurait subtilement enlevé, comme ce fut le cas à Adam et Eve au jardin d’Eden, un étincelle pour rallumer cet attachement, cet amour pour notre patrie.

    Ce qui fait que nous n’aimons notre pays peut-être que de lèvres et non de cœur ou de tout notre coeur, nos cœurs étant encore remplis d’autres choses, notamment les intérêts personnels, de l’enrichissement facile, de la gloire et honneur personnels. Et c’est ici, l’importance d’un (des) leader(s) charismatique( s) capable(s) de rallumer le feu d’amour réel du peuple pour sa patrie.

    Nous avons besoin de gens capables de parler à nos cœurs pour nous réveiller de ce sommeil qui ne nous rend aucun service, même pas à ceux qui s’enrichissent seuls aujourd’hui. Parce que demain, comme Mobutu et compagnie, ils ne sauront pas où vivre avec leurs richesses ; pire, ils ne sont même pas rassurés que, après demain, leurs enfants pourront avoir ne fût-ce qu’un terrain pour construire un toit dans ce pays qu’ils détruisent aujourd’hui ! Ah ! Comme l’homme est amnésique et que le pouvoir enivre autant qu’il aveugle ! Qui pouvait s’imaginer qu’on aurait encore à l’ex-Zaïre de Mobutu de petits monarques, des supers ministres et autres PDG, des Généraux avec leurs libanais intouchables pour ne pas dire des étrangers mieux considérés que les nationaux chez eux !

    Un peu d’histoire récente

    4. Mes chers compatriotes, beaucoup de voix s’étaient levées à son temps pour dénoncer la situation que nous traversons aujourd’hui, malheureusement, notre petit esprit, notre égoïsme et les dividendes qu’on espérait en tirer nous avait une fois de plus bouché les oreilles et fermé les yeux.

    De bons analystes avaient, entre autres, déploré la précipitation avec laquelle on nous avait imposé, non seulement l’organisation du référendum constitutionnel (un projet de constitution non vulgarisé), mais aussi, peu après, celle des élections comme une panacée au problème congolais. Certains les ont traités de tous les noms, de personnes dangereuses (pour reprendre le terme de certains) si pas diaboliques ! Aujourd’hui, en examinant de près les choses, la constitution ainsi acceptée (même si tout ne pas mauvais) et les autorités issues desdites élections, ne nous posent-elles pas plus de problèmes que du bien : pertes de certaines parties du territoires, rébellion, et j’en passe ?

    5. En effet, compte tenu de l’imbroglio dans lequel l’AFDL nous a plongé après la fameuse « libération » du joug du dictateur Mobutu, imbroglio dû à la défection des « Banyamulenge » suite au départ plus ou moins forcé des militaires rwandais par LD Kabila ; considérant le changement non prévu ni bien préparé à la tête du pays après l’ignoble assassinat de ce dernier dans des conditions jusque là obscures, et les conséquences qui s’en sont suivies (la direction du pays par les seigneurs de guerre, la mise en place d’un Gouvernement monstre avec 1+4 têtes), on ne pouvait pas faire mieux que de baliser préalablement le terrain politique et administratif avant de se lancer dans la précipitation vers l’établissement d’une troisième République se voulant de tout repos.

    Aussi, à la lumière, d’une part de ce minimum de sagesse due à la connaissance du passé pour mieux préparer l’avenir, et d’autre part de ce que nous vivons présentement (après coup), n’y a-t-il plus besoin de prouver que cette situation ait été orchestrée par les ennemis de notre pays et leurs collabos intérieurs, et consacrée par notre naïveté, mieux celle de certains d’entre nous. Oui, je sais qu’on me dit déjà et j’en suis conscient que le temps n’est plus à la recherche des boucs émissaires, mais plutôt à l’union de toutes les filles et tous les fils du pays pour maîtriser l’incendie dans la maison RD Congo, et ensuite nous serrer les coudes pour sa réfection ou sa reconstruction.

    6. Comme je l’ai dit ci-dessus, les causes sont connues depuis l’époque de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) et même avant en 1987 lors du colloque sur la crise socio-économique du Zaïre, organisé par la Faculté des Sciences Economiques de l’Unikin, sous le haut patronage du Président de la République.

    Et actuellement une partie de notre élite versée sur ce dossier et davantage certains étrangers, amis du Congo, épris de paix et de justice nous ont fourni beaucoup d’informations là-dessus qui ne trompent pas. Il ne nous reste plus qu’à mieux les exploiter et à créer des conditions favorables à une dynamique de choc pour couper l’herbe aux pieds à ceux-là qui croient que nous allons continuer à nous mettre à genoux aux pieds de leur gouverne pour bénéficier quoi que ce soit.

    Après 48 ans d’acception à la souveraineté nationale, soit plus que l’âge attendu par Barak Obama pour devenir Président des Etats-Unis, nous sommes plus que mature pour assurer notre propre épanouissement. C’est le contraire qui étonne plus d’un même si, nous sommes doublement combattus par des ennemis plus ou moins cachés à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières nationales.

    7. Parce qu’en dehors de notre propre organisation, nous devrions mettre hors d’état de nuire l’ennemi tant extérieur qu’intérieur, il sied donc de mieux le connaître, du moins connaître ses méthodes de combat, nous voulons dans les lignes qui suivent en donner quelques illustrations.

    Les armes de destruction massive utilisées pour la déliquescence de la Rd Congo

    8. Qu’on se le dise, pour atteindre leurs objectifs, les ennemis de notre pays ont utilisé trois ou quatre principales armes : le tribalisme, la paupérisation des masses laborieuses, la corruption et le terrorisme d’Etat.

    Ces armes ont pour conséquence finale le mécontentement d’une partie importante de la population si pas toute avec pour corollaire, le rejet de l’autorité établie et la rébellion, et par conséquent un éternel recommencement dans le processus de la légitimation du pouvoir politique mettant ainsi en veilleuse les activités socio-économiques, avec pour autre conséquence la dégradation des conditions de vie des populations.

    Dans l’entre-temps, les tireurs des ficelles, les maffieux impénitents se frottent les mains dans l’ombre, pillent les richesses par la voies des certaines ONG, des organisations humanitaires ainsi occasionnées, et autres commerces illicites, à l’occurrence le trafic macabre des armes et munitions.

    ● Le tribalisme comme arme de division pour bien régner

    9. Comme partout où ils ont été, les colons européens ou occidentaux ont profité de la multiple tribalité des populations vaincues, colonisées pour nous diviser afin de mieux régner. Parce qu’étant divisé, on ne saurait les mettre hors d’état de nuire.

    Aussi, élevaient-ils au rang d’évolués les ressortissants de l’ethnie ou tribu minoritaire avec qui ils travaillaient contre les intérêts du pays et de la majorité. Ou simplement identifiant les peuplades hostiles à leur hégémonie, ils les marginalisaient en en faveur des populations moins conflictuelles pour le besoin de la cause. Cette situation engendra des inimitiés entre les populations d’un même pays, d’une même région, etc.

    C’est ce qu’on continue d’exploiter aujourd’hui chaque fois que le ressortissant d’une telle ethnie arrive au pouvoir ; et cela tant bien par les ennemis extérieurs que par leurs complices intérieurs. Ainsi lorsqu’un tel est au pouvoir, il se fait entourer par les siens soi-disant pour mieux se protéger.

    Ce qui va créer un mécontentement surtout qu’on va même prendre des personnes qui n’en valent pas la peine dans des postes clés et/ou de responsabilité ! En terme, c’est la révolte et la faillite en passant par la contre-performance, les rendements décroissants et le mécontentement. C’est ici une des cordes sensibles qui nous fait tourner en rond.

    ● La paupérisation des masses laborieuses, pour mieux assujettir la population

    10. Tu mangeras à la sueur de ton front. Pour vivre, l’homme est appelé à travailler, et même à travailler durement pour subvenir à ses besoins vitaux et existentiels. Et lorsqu’on prive à l’homme les possibilités de travailler pour gagner son pain et celui de sa famille, on le tue. Et quand bien même il travaille, si le revenu qu’il en tire ne lui permet pas de survivre, on le tue en petit feu. Et étant donné l’instinct de conservation, l’homme développera tous les mécanismes possibles pour survivre, le principe étant connu : « Peau pour peau ! Tout ce que possède un homme, il le donne pour sa vie » (Job 2 :4).

    Placés dans ces conditions, que feraient les fonctionnaires, les enseignants, des agents de contributions et autres douanes, ... ? Et que penser de ce que adviendraient les infirmiers, les médecins, et les policiers et surtout les militaires ?

    Par ailleurs, certains producteurs des églises dites de réveil, ces soi-disant serviteurs de Dieu qui se font appelés Ministres de Dieu, Bishop ou Archi bishop, ou tout autre titre élogieux comme pour copier le monde, profitent de cette misère indescriptible de la population pour dépouiller leurs fidèles de peu de moyens qu’ils ont leur promettant la multiplication (à la manière des magiciens) de l’argent qu’ils auront donné avec leur évangile dit de prospérité.

    Ça, c’est au niveau microéconomique. Au niveau macroéconomique, soit à l’échelle du pays, les pays pauvres ou appauvris par la politique funeste des ajustements structurels sont contraints de vendre à vils prix ce qu’ils ont aux pays dits développés, et acceptent les investissements étrangers non selon leurs conditions, mais selon les conditions posées par les investisseurs eux-mêmes ! Tout simplement parce qu’ils n’ont pas de choix !

    11. Le méchant, le dictateur et toute personne voulant profiter de ses serviteurs, et continuer à les assujettir utilisent ce principe diabolique qui consiste à sous-payer les travailleurs ou leur priver de temps à temps de leur salaire quoique de misère ! Et pour se faire passer pour des magnanimes, des bienfaiteurs, de telles personnes se permettent de distribuer de temps à temps de dons ou des présents certaines catégories d’individus ou couches de la population lors de ses déplacements, ou à ceux qui réussissent à les rencontrer.

    Et cela n’est nullement gratuit parce qu’ils ne font qu’appliquer à leur avantage un autre principe aliénant. En effet, il y a un précepte de Dieu qui dit : « Tu ne recevras point de présent ; car les présents aveuglent ceux qui ont les yeux ouverts et corrompent les paroles des justes » (Exode 23 :8).

    C’est fort de cela qu’on peut comprendre pourquoi on peut adorer sans vergogne des dictateurs comme Mobutu. Que dans des familles, certains frères fortunés se font considérer par les autres membres qui tournent autour d’eux pour des dons qu’ils offrent parfois sans les aider à être autonomes même s’ils en avaient l’occasion !

    On comprendra aussi, sur le plan macroéconomique, le système inique d’endettement organisé par les institutions de Breton Wood (FMI, BM), les aides bilatérales ou multilatérales, sans oublier les fameuses aides humanitaires.

    12. A la lumière de ce qui précède, ce n’est pas étonnant que certaines situations soient délibérément provoquées tant au niveau intérieur qu’extérieur pour créer une dépendance et ainsi dépendance, tels des pyromanes déguisés en sapeurs-pompiers !

    Tous ces principes ainsi que les manières d’agir tirés non de la bible, mais du satanisme et autres idées de Machiavel, sont connus des hautes autorités qui ne servent pas Dieu. Elles en usent pour asseoir leurs pouvoirs. Vous en conviendrez que ce qui se passe dans notre pays avec Mobutu et pire maintenant n’est autre que l’application la plus cruelle de ces principes de mauvaise gouvernance.

    Si dans les pays dits développés, il y a une certaine atténuation due aux différentes révolutions des classes ouvrières et d’incessantes manifestations des masses laborieuses ayant abouti à un pouvoir judiciaire indépendant et opposable à tous (à quelques exceptions près), il n’en demeure pas moins que les autorités de ces pays ont jeté leurs dévolus sur les pays dits sous-développé s pour assouvir leurs instincts bestiaux, s’enrichissant sur le sang des millions de femmes, hommes et enfants qu’ils prétendent venir en aide.

    ● La corruption institutionnalisé e pour aveugler et taire toutes revendications

    13. Après une telle paupérisation, une telle misère, qui peut résister à la corruption ? La corruption est ainsi un moyen utilisé par les hommes « forts » à la tête des pays, des institutions pour acheter la légitimité, asseoir bien leur pouvoir soutenus par des personnes dont la conscience a été corrompue, achetée. Bénéficiant ainsi des largesses du pouvoir, ces gens deviennent même plus dangereux que leurs monarques, éliminant tout ce qui peut leur ôter le fromage dans la bouge. Ces derniers sont généralement des gens parmi le peuple, des gens sensés comprendre la misère des leurs compatriotes, mais...

    Ceci nous pousse à évoquer une autre arme non moins redoutable : le terrorisme d’Etat, après lequel nous tenterons de donner quelques indications aux questions de Dr. Tundanonga.

    ● Le terrorisme d’Etat et/ou la (re)instauration de la peur pour neutraliser l’opposition

    14. Un autre aspect non moins fondamental de mauvaise gouvernance, c’est le terrorisme érigé en système de gouvernement : Gouverner par la peur, par défi. A défaut de gouverner selon les règles républicaines, par incompétence ou par dureté de cœur, certains pouvoirs utilisent la force, les intimidations, les arrestations, les assassinats de tous ceux qui critiquent, démocratie oblige, leurs actions, leurs modes de gestion des affaires de l’Etat.

    On trouve dans les pays où il y a des tels chefs, dans des prisons trop de prisonniers ayant commis de délits d’opinion, notamment des gens de presse (des journalistes et apparentés), des opposants aux régimes au pouvoir. Ceux coupables de détournements des deniers publics courent les rues et avec eux les violeurs des petites filles, filles et femmes d’autrui, les tueurs en gage, etc.

    15. C’est ce qu’on observe à Kinshasa depuis l’avènement du président actuel qui ne supporte pas la présence de l’opposition, et encore pire depuis qu’il est devenu Président élu. Toutes les institutions : Présidence de la République, Gouvernement, Parlement, Sénat, l’Armée ; corruption et intimidation aidant, sont de son obédience, c’est-à-dire dirigés par ses potes, même la ville de Kinshasa qui lui a été hostile aux élections est dans sa poche au point de ne rien trouver de négatif ! Que des assassinats sans véritables enquêtes, des emprisonnements arbitraires des opposants et autres hommes de médias, des empoisonnements tels qu’on n’en a jamais vu auparavant !

    16. Dans ces conditions, comment voulez-vous que ces institutions fassent correctement leur travail. Tout étant miné à l’intérieur comme à l’extérieur de ces institutions, la peur dans les ventres, sans idéal ni culture de l’honneur à l’instar de Rodrigue qui vengeant son père en tuant son beau-père, ils ne peuvent que se taire et amuser la galerie avec des discours sans lendemain. Mais, c’est quand même étonnant qu’un jeune homme, il n’y a pas longtemps, inconnu des congolais et jusque là sans histoire connue, vienne narguer tout le monde au point qu’on ne soit pas en mesure de l’interpeller en dépit des multiples contradictions dans l’exercice de ses prérogatives constitutionnelles quoique taillées sur mesure !!!

    17. Ne dit-on pas, comme on vient encore de nous le rappeler, qu’il n’y a pas de mauvaises troupes, mais des mauvais chefs ! La personne à interpeller, et avec raison, c’est le Président de République, Joseph Kabila, lui qui a la légitimité du pouvoir, à qui on a donné un chèque en blanc et son Gouvernement.

    Et dans la Constitution comme la nôtre (Régime semi-présidentiel) , l’ échec du Gouvernement n’est autre que celui du Président de la république. Quelqu’un qui a un mandat du peuple, mais qui ne daigne nullement rendre compte à ce peuple sur ce qui va ou ne va pas ! Quelqu’un qui est sensé protéger le peuple, mais qui ne fourni aucun effort pour le faire, si non sa propre protection face à un opposant institutionnel et même en mettant en danger la population qu’il est sensé protéger ! Un tel chef, quoique nous l’aimons et/ou respectons, ne mérite-t-il pas notre interpellation, notre indignation sans que l’on soit qualifié de dangereux, de xénophobe ou de non respect de la constitution ? Devrions-nous, en dépit de tous les maux dont souffrent les masses laborieuses, attendre d’une manière résignée, sans mot dire la fin du mandat ? Et en faisant cela, respectons la constitution en question ? Il me semble cette même loi donne un certain nombre des prérogatives aux souverains primaires que sont les électeurs, le peuple.

    18. Si, depuis le début des années 90, d’abord avec Etienne Tshisekedi et ensuite par la conscience acquise grâce à la CNS et au processus de la démocratisation enclaché le 24 avril 1990, la peur du dictateur Mobutu et sa soldatesque s’est évanouie, celle-ci est revenue de plus belle avec Joseph Kabila. La peur de la mort se sent partout, au point que les kinois habitués à siroter leur bière ou boissons sucrées en toute quiétude dans les Nganda à ciel ouvert, seraient actuellement obligés de boire en même la bouteille et soit de vider sa bouteille avant d’aller aux toilette, soit l’emporter avec soi. Le fameux principe cher à feu Mobutu, « l’inviolabilité de chef » aurait dangereusement refait surface. Où sont les libertés fondamentales ?

    19. Considérant tout ce qui précède et le mettant en rapport avec ce qui se passe à l’Est de notre pays depuis avant et après les élections, comment on peut ne pas penser à une conspiration avec l’ennemi, et partant d’une haute trahison, surtout qu’ils sont venus ensemble avec l’AFDL sous le même commandement et sortis d’une même école de la vie ? Comment interpréter son silence et son absence au front pour réconforter les troupes à l’instar de tous les présidents du monde, lui le chef suprême de l’armée et de surcroît militaire de formation ? Qu’on ne condamne donc pas ceux qui s’interrogent parce que ça dépasse tout entendement, tout étant énigmatique ! Nous sommes dans un Etat de non Etat. Ne nous a-t-on pas rappelé l’adage « Communicate or sink ! », qui veut dire : « Qui ne communique pas, n’existe pas »( cité par Dr. Tundanonga) ?

    20. C’est fort de cela que nous disons que les congolais devraient s’asseoir, méditer profondément sur notre situation, ignorer tous les conflits internes provoqués par les envahisseurs et leurs collabos internes, comme celui ayant opposé les Katangais et Kasaïens au Katanga sous la houlette de Gabriel Kyungu wa Kumwanza et feu Ngunz à Karl i Bond, respectivement Gouverneur de la province du Katanga et Premier ministre de l’époque, avec la bénédiction du pouvoir à Kinshasa (pour ne citer que cet exemple), et comme un seul homme initier un projet de société impersonnel et imprescriptible, pour un Congo nouveau, fort et prospère. Mais avant tout, nous devrions bannir la peur sous toutes ses formes, traquer tout poltron ou mouchard au service de l’ennemi, et prendre l’engagement solennel de servir l’intérêt supérieur de notre pays.

    21. Enfin, permettez-moi de rappeler un fait incivique et passible de lourdes peines pour montrer, si besoin en était encore, combien est de mauvais goût la supercherie de soi-disant Tutsi congolais dans leur tentative de prendre collectivement et sans demande préalable la nationalité congolaise, et obtenir une sorte de légitimité leur permettant d’agir impunément comme dans une terre conquise. En effet, répondant à Norbert, notre frère Dr. Tundanunga dit : « Nous avons connu dans le même espace administratif, les territoires de Masisi et de Rutshuru, une situation insrrectionnelle en 1964/65, situation connue sous le nom de "Révolte de Masisi". C’était tout juste après un afflux massif des réfugiés tutsis ruandais en 1963 (c’est au cours de cette vague que les parents de Nkundabatware sont venus se réfugier au Congo, à Rutshuru). Ces réfugiés tutsis de la 3e vague ensemble avec ceux de la 1e (1959) et la seconde (1961) avaient tout simplement supplanté les Congolais démographiquement (natalité exponnentielle) et linguistiquement (le kinyaraunda était parlé à l’Eglise et dans les écoles) d’où la réaction violente des populations congolaises. Parmi tant d’autres causes, la commission avait constaté que les réfugiés tutsis ruandais avaient mis sciemment feu dans tous les bâtiments publics ou privés ayant des archives d’Etat-civil, rgegistres de naissance ou de baptême ou de dc, une imprimerie clandestine qui imprimait des documents congolais d’état-civil fut découverte ».

    Prière de lire avec attention la dernière phrase de la citation, en gras et surtout la partie que j’ai soulignée.

    22. Eh bien, pour ceux qui étaient au Congo (alors Zaïre) à l’avènement de l’AFDL sous la direction politique de Bugera et autre Bizimana Karamuheto, alias Bizima Karaha, la soldatesque rwandaise détruisit les bureaux communaux, particulièrement toutes les archives qui s’y trouvaient, et cela d’une manière systématique partout où ils sont arrivés ! Cela avait particulièrement retenu mon attention, conscient du préjudice que cela nous causait ! Je compris cette nauséabonde supercherie pour des gens qui, soi-disant venaient libérer le peuple congolais, lorsque dans sa campagne en faveur de ce qu’ils avaient appelé CPP, le conseiller politique de Bugera, un ancien de la faculté des Sciences économiques de l’Unikin, d’où je suis aussi sorti, dira que les nouvelles cartes d’identité à paraître ne devraient pas indiquer les origines tribales ou autres des détenteurs comme dans les anciennes cartes de la deuxième République. La raison évoquée était de lutter contre le tribalisme ! Aussi intéressant que cela puisse paraître, je me posai la question de savoir si cela ne cachait pas une autre raison qui justifiait la mise en sac des archives communales ! Mais, à la lumière de cette petite page de l’histoire, on ne peut s’empêcher de dire que nos frères Banyamulenge (comme ils aimaient se faire appeler) ne faisaient que rééditer « l’exploit » de leurs pères dans les territoires de Masisi et Rutshuru en 1964/65. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose !La vérité étant têtue, nous en sauront encore davantage, non pas pour nous venger, mais pour nous ouvrir encore plus clairement les yeux en vue de mieux choisir le chemin du progrès.

    Bref : Le message que j’ai voulu faire passer à travers cette longue intervention (sorry !)

    23. Mes chers compatriotes, à travers cette intervention, j’ai voulu nous faire réfléchir sans parti pris sur le soubassement de notre léthargie dans la gestion des affaires du pays. Non pas pour charger particulièrement l’une ou l’autre personne, mais dans le but de dégager des responsabilité s, quitte à demander aux uns et aux autres de les assumer en vue de capitaliser. Parce qu’autant tous les congolais sont responsables du débâcle socio-économique de notre pays, autant tous les congolais n’en ont pas la même maîtrise des données, ni les mêmes prérogatives encore moins les mêmes moyens quant à leur implication dans la recherche tant des remèdes que de leur exécution sur le terrain. C’est pourquoi, constatant la non interpellation des ceux qui sont sensés faire la chose, se rendant compte notamment de l’impunité on ne peut plus déconcertante dont jouissent les fauteurs, nous nous sommes, à raison, interrogé sur le pourquoi et le comment des choses. Par ailleurs, nous avons discuté certaines armes utilisées par l’ennemi extérieur et/ou intérieur pour nous maintenir si pas nous enfoncer davantage dans la misère. J’ai, à ce sujet, spécialement épinglé : (i) le tribalisme comme arme de division pour bien régner, (ii) la paupérisation des masses laborieuses pour mieux les dominer, (iii) la corruption institutionnalisé e pour aveugler et taire les revendications, et (iv) le terrorisme d’Etat et/ou la (re)instauration de la peur pour museler toute forme d’opposition. Cela, pour nous aider non seulement dans le but de nous prémunir dans l’avenir, mais aussi pour voir dans quelle mesure nous-mêmes utilisons les mêmes armes pour nous autodétruire. Et se demander si cette autodestruction est volontaire ou involontaire (due à l’ignorance et/ou à l’incompétence) . Ce qui pourrait nous aider à user de la prudence quant à la recherche et l’application des thérapies de choc, l’ennemi et/ou ses collabos pouvant se retrouver dans la bergerie.

    24. J’ai aussi dit qu’il était de notre intérêt de taire, du moins actuellement, nos différends afin qu’ensemble, la main dans la main, nous puissions attaquer le taureau par les cornes pour vaincre, ce qui depuis est communément appelé « le mal congolais », lequel mal s’est profondément enraciné dans notre société. Et pour le vaincre, le mal ne devrait point être caressé, mais plutôt haï et appelé mal même s’il venait de nous-mêmes, de notre frère, de notre sœur, de notre père ou de notre mère.

    25. Enfin, comme on ne peut rien réussir en allant en ordre dispersé, j’ai proposé qu’on puisse trouver quelques hommes crédibles, courageux, haïssant le mal et aimant le bien, des patriotes éprouvés prêts à mourir pour notre pays, bref des leaders charismatiques, genre Barack Obama, pour ne pas dire PE Lumumba « rénové » (maîtrisant les enjeux du moment), autour de qui nous devrions militer, les soutenants et les encourageant dans cette lutte noble qu’est la libération et le développement de notre pays, en passant d’abord par le changement et l’adoption des mentalités favorables au progrès, et dans la prise des décisions parfois impopulaires, mais nécessaires si pas indispensables, et cela eu égard à l’incrustation du mal. Et je suis convaincu que de telles personnes, de vrais patriotes, bien que rares, existent parmi nous ; il suffit d’ouvrir les yeux de notre cœur dépourvus du tribalisme et/ou régionalisme, éloignés des intérêts égoïstes et immédiats, mais des yeux pleins d’amour et d’humilité. Ba koko baloba : « Soso pembe azangaka mboka te oh ! » (Quels que mauvais soient les hommes, il existe toujours quelqu’un de bien au village !). C’est de cette manière, j’ose le croire, que nous pourrons bien et mieux servir notre pays tant convoité par tout le monde et particulièrement par les puissants de ce monde.

    A bon entendeur, salut !

    Patriotiquement,

    Emmanuel Eloko Owanga

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