Mouvement de Libération du Congo en France

logo ARTICLE 470

AGIR ENSEMBLE POUR LA PAIX AU CONGO RDC

 
  • MLC en France
  • AGENDA
  • CONTACT
  • FORUMS
  • GALERIE PHOTOS
  • ACTIVITE INTERNE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    MEMORANDUM DE SYNTHÈSE SUR

    LES GUERRES D’INVASION AU CONGO

    Préparé par M. Alfred Lukhanda

    Montréal, le 11 novembre 2008

    Agir Ensemble pour la Paix au Congo est une table de concertation d’organismes communautaires favorables et voués à la promotion de la paix et de la démocratie au Congo mais aussi à la défense des droits et des libertés de ses citoyens.

    Depuis avril 1994, l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est dans un état de guerre permanent. Différents rapports des Nations Unies et des organisations des droits de l’homme font état des massacres à grande échelle, des violences sans précédent et de viols ignobles qui sont perpétrés en toute impunité par des groupes armés soutenus par les Forces armées du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda qui leur apportent un appui militaire, logistique et financier.

    Au cours de la conférence de presse qu’il a donnée à Bruxelles sur la situation qui prévaut au Congo, Monseigneur Monsengwo, Archêveque de Kinshasa, a regretté que les différents accords qui ont été conclus pour ramener la paix à l’Est du Congo n’aient jamais été respectés et que les vraies motivations de la guerre dont le Congo est victime et qui a couté la vie à environ 5 millions de Congolais soient souvent éludées.

    La guerre qui sévit en RDC depuis 1996 est décrite par le journaliste Jonathan Hari du « Independent » de Londres et par bien d’autres observateurs crédibles comme « la guerre la plus meurtrière que l’humanité ait connue depuis que Adolf Hitler a marché sur l’Europe ».

    Jonathan Hari va plus loin et parle de « l’holocauste des Congolais » ! De 2001 à 2005, le Canadien Timothy B. Redi a travaillé dans le désarmement pour le compte des Nations Unies. Il tire la même conclusion au sujet de la tragédie congolaise dans un article qu’il a publié en 2006 dans une des revues de l’Université de Harvard :

    « It is likely that more people have died (either directly or indirectly) as a result of the conflict in the Democratic Republic of Congo (DRC) from 1996 to the present, than in the Rwandan and Cambodian genocides [1] .

    The Ugandan and Rwandan invasions of the DRC lie at the heart of the gross violations and serious abuses of human rights, including potential crimes of genocide, that have occurred in the DRC. This paper will contend that the invasions and ensuing deaths occurred at a time when there was considerable Western support to both Rwanda and Uganda, even after the human right violations had come to light ».

    (Timothy B. Reidii, « Killing them softly : Has Foreign aid to Rwanda and Uganda Contributed to the Humanitarian Tragedy in the DRC ?, Spring 2006, affichée à l’adresse : http://www.hks. harvard.edu/ kssgorg/apj/ issues/2006_ issue/reid. htm#_ednref82)

    La situation qui prévaut actuellement à l’est du Congo est explosive. Environ 1,6 million de Congolais ont été contraints de tout quitter pour fuir l’avancée de la milice de Nkundabatware qui décime des populations civiles sur son passage.

    Ces déplacés congolais vivent dans des conditions humanitaires particulièrement précaires qui risquent d’ajouter des victimes supplémentaires aux 5 millions d’innocents dont la vie a été fauchée par des guerres successives.

    Nkundabatware prétend qu’il y a des groupes minoritaires dont les droits seraient brimés en République démocratique du Congo et que la guerre serait le meilleur moyen pour revendiquer la citoyenneté pour les membres desdits groupes minoritaires et pour mettre un terme aux persécutions dont ils seraient victimes.

    D’autres justifient l’agression dont le Congo est victime par la menace que représenterait pour eux la présence des anciens génocidaires rwandais qui auraient trouvé refuge dans l’est de la République démocratique du Congo.

    Toutes ces raisons qui, en réalité ne sont que des alibis, ne résistent pas à la critique. Le Congo compte 66 millions d’habitants répartis en 450 ethnies qui ne se sont jamais exterminées comme cela arrive de manière cyclique dans des pays voisins.

    Les 450 groupes ethniques que comptent la République démocratique du Congo vivent dans une parfaite osmose depuis des temps immémoriaux. C’est, au contraire, en République démocratique du Congo, que les populations des pays voisins trouvent l’hospitalité lorsqu’elles échappent aux guerres ethniques qui les opposent les unes aux autres.

    Les Congolais ont toujours offert un accueil chaleureux aux rwandais fuyant les persécutions ethniques qui, de manière cyclique, ont opposé les Tutsi aux Hutu, notamment en 1959, en 1972, en 1973 et tout récemment en 1994. La même situation s’est aussi produite au Burundi voisin.

    Le Congo a aussi accueilli bien d’autres nationaux des pays voisins et ceux-ci ne se sont jamais plaints d’être victimes de quelque persécution. Les Angolais, les Centrafricains, les Congolais de Brazzaville, les Zambiens, vivent dans la paix absolue en République démocratique du Congo.

    Les écoles primaires, les collèges et les universités ont formé l’élite des pays voisins. Chaque matin, les colonnes d’élèves en bleu blanc traversent Ruzizi pour se déverser dans les collèges et lycées du Congo. Mais le mouvement inverse n’a jamais été pas observé.

    Il n’y a pas un seul élève du primaire ou du secondaire qui traverse la frontière, à Goma ou à Bukavu, pour aller dans une école primaire ou secondaire de Gisenyi ou de Cyangugu. Ces évidences méritent d’être rappelées pour montrer à quel point le Congo est une véritable terre d’accueil comme le Canada.

    Par ailleurs, depuis son accession à la souveraineté nationale, l’attribution des fonctions publiques n’a jamais été effectuée sur la base de la représentativité ethnique. Il s’est tenu en République démocratique du Congo alors Zaïre un grand forum regroupant toutes les forces vives de la nation afin de faire la relecture de l’histoire du pays et de baliser la voie vers la troisième République.

    Seuls les Pygmées avaient été reconnus par la Commission juridique de cette Conférence Nationale Souveraine comme le groupe ethnique qui, pendant longtemps, a été victime d’abus, d’exclusion et d’exploitation.

    La Commission juridique de la Conférence Nationale Souveraine rapporte : « Les Pygmées sont victimes des abus et agissements tant de nos compatriotes, notamment par la spoliation de leurs terres que des étrangers qui font parfois intrusion dans leur vie privée ».

    Aussi, la Conférence Nationale avait-elle pris un acte visant la revalorisation de la race pygméenne du Zaïre. Les Pygmées qui constituent le seul groupe auquel pourraient s’appliquer le concept de « minorité » au sens où l’entendent les Nations Unies, n’ont jamais pris les armes contre le pouvoir central ni organisé des massacres pour dénoncer l’exclusion dans laquelle ils seraient maintenus.

    Que le Congo soit en proie à des guerres meurtrières pour des revendications minoritaires, cela n’est qu’un prétexte qui cache mal les visées hégémoniques de certains pays voisins qui, dépassés par les poids démographique, cherchent à créer des exutoires vers le Congo pour y créer, par la force des armes des espaces vitaux tout en le pillant des fabuleuses richesses dont regorgent son sol et son sous-sol en vue de résoudre la pauvreté chronique dans laquelle se vautre leur peuple.

    Prétendre que les guerres qui ravagent le Congo depuis une dizaine d’années visent à protéger une minorité qui serait persécutée, cela est une contre-vérité pour un pays où toutes les tribus sont minoritaires les unes par rapport aux autres. Les Angolais qui ont été accueillis au Congo vivent en parfaite harmonie avec les populations congolaises.

    Ils ne sont jamais plaints d’être sous-représenté s dans les institutions du pays et n’ont jamais pris les armes contre leur pays nourricier. Pourquoi le problème de coexistence pacifique ne se pose qu’à l’est du Congo et à la frontière entre le Rwanda et le Congo ?

    La citoyenneté canadienne comme toute autre citoyenneté n’est pas un droit. C’est un privilège qui impose à ceux qui en font la demande une obligation de loyauté. Aussi, la citoyenneté canadienne peut être révoquée à tout moment, notamment pour fausse déclaration.

    C’est le même principe que le Congo applique. Aux termes de la Constitution de 2006, « la nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec une autre nationalité ».

    Agir Ensemble pour la Paix au Congo a de la peine à comprendre comment un groupe des Congolais authentiques peut s’autoriser à prendre les armes pour revendiquer la nationalité congolaise qui leur serait déniée.

    Le général Laurent Nkundabatware est un officier du Front Patriotique Rwandais depuis 1990. Il a fait partie de l’Armée Patriotique Rwandaise qui a renversé le régime du Président Juvénal Habyarimana en avril 1994 dans les conditions que personne n’ignore.

    Il y a lieu de s’interroger sur la sincérité de ses intentions lorsqu’il prétend défendre un groupe minoritaire qui serait victime de persécutions sur le sol congolais. Nkundabatware ne serait-il pas un simple pion, un « sous-traitant local » ou un « exécutant local » à la solde des « actionnaires de guerres » ?

    L’éminent juge ad hoc dans l’affaire Belgique C Congo n’avait-il pas raison lorsqu’il écrivait que « si l’Afrique reste le maillon le plus faible du système international, c’est parce que les « négriers » d’un genre nouveau s’adonnent à cœur joie à un jeu d’échec souvent en complicité avec des sous-traitants locaux. Cela permet bien sûr d’internaliser, ensuite d’africaniser les crises, mais aussi les guerres, dont les Africains ne sont généralement que de la chair à canon.

    Certainement, la responsabilité des exécutants, organes des États africains, est intacte. Néanmoins, elle ne saurait aucunement occulter la responsabilité principale des ’actionnaires de guerres’ » (Sayeman Bula-Bula, Mise hors-la-loi ou mise en quarantaine des gouvernement anticonstitutionnel s par l’Union Africaine ? », dans African Yearbook of International Law, 2005, p.23-24).

    La République démocratique du Congo n’est pas en proie à une guerre civile. Elle est plutôt victime d’une guerre d’agression et d’occupation. C’est ainsi que le 23 juin 1999, la République démocratique du Congo a déféré le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi devant la Cour internationale de justice à cause des activités militaires dans lesquelles ces trois pays sont impliqués.

    Dans sa requête introductive d’instance, le Congo alléguait que ces trois pays l’avaient agressé et s’étaient rendus coupables de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et des actes attentatoires à sa souveraineté, à son intégrité territoriale et aux droits fondamentaux de l’homme garantis pas les conventions internationales en matière des droits de l’homme.

    Si cette prétention n’était pas fondée en droit, la République démocratique du Congo aurait été déboutée pour frivolité de l’action. Bien au contraire, la Cour internationale de justice a jugée la requête fondée et recevable.

    Dans son arrêt rendu le 19 décembre 2005 en l’affaire Congo c. Ouganda, la Cour internationale du justice a condamné l’Ouganda pour les massacres que ce pays a perpétrés au Congo, les violences qu’il a infligées à ses populations, le soutien militaire, financier et logistique qu’il apporté aux mouvements et groupes actifs en République démocratique du Congo ainsi que pour le pillages des ressources naturelles du Congo qu’il a organisé à très grande échelle dans la partie orientale du Congo.

    Les conclusions à tirer de cet arrêt de la Cour internationale de justice sont nombreuses, notamment la conclusion relative à l’implication avérée de l’Ouganda dans l’agression du Congo et à la violation par ce même pays des buts et principes des Nations Unies tels que consignés dans l’article 2 de la Charte des Nations Unies. Nous apprenons des allégués de la partie requérante et des motifs mêmes de l’arrêt de la Cour internationale de justice que l’Ouganda n’agit pas seulement de manière directe par son armée.

    Il agirait aussi de manière indirecte par l’appui qu’il apporterait au Front Patriotique Rwandais depuis octobre 1990 jusqu’à ce jour ainsi que le confirment les mandats d’arrêt internationaux lancés par la justice française et espagnole contre les proches collaborateurs du Président Paul Kagamé du Rwanda.

    Par ailleurs, l’Ouganda ne serait pas non plus, d’après les mêmes sources, étranger au génocide qui a été déclenché au Rwanda des suites de l’attentat contre l’avion du Président Juvénal Habyarimana. D’après le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, les deux missiles utilisés par le Front Patriotique Rwandais pour abattre l’avion du Président Habyarimana ainsi que les armes qui ont permis au même Front Patriotique Rwandais à conquérir le pouvoir par la force et au prix des vies humaines, auraient soit transité par l’Ouganda soit été fournis par ce dernier au Front Patriotique Rwandais.

    Les ordonnances française et espagnole dont vous trouverez des copies en annexe établissent hors de tout raisonnable la responsabilité du Front Patriotique Rwandais et de son chef, à savoir Paul Kagamé non seulement dans l’attentant contre l’avion du Président Habyarimana mais aussi dans le déclenchement du génocide au Rwanda et la guerre qui sévit actuellement en République démocratique du Congo. Tant que la question de la responsabilité des personnes impliquées dans l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana continue à être esquivée par le Tribunal pénal international pour le Rwanda et par les États libres et démocratiques comme le Canada en dépit des preuves irréfragables rassemblées par la justice française et espagnole et tant que les personnes renseignées dans les deux mandats d’arrêts internationaux lancés par la justice française et espagnole n’auront pas été mises hors d’état de nuire, la paix dans la Région des Grands Lacs Africains est à jamais compromise.

    Le Canada refuse d’accorder la protection internationale en vertu de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 aux anciens magistrats congolais en les accusant d’être complices des crimes contre l’humanité commis sous les différents régimes qui se sont succédé en République démocratique du Congo.

    Certaines institutions comme les Services de renseignement congolais sont considérés par nos lois comme des organisations poursuivant des fins brutales au point que toute personne qui déclare ya avoir travaillé ne peut bénéficier de la protection internationale en vertu de la Convention de Genève.

    Agir Ensemble pour la Paix au Congo ne comprend donc pas comment Paul Kagame et ses collaborateurs cités dans les mandats d’arrêt internationaux français et espagnol ne sont pas interdits d’accéder au territoire canadien alors qu’ils sont expressément désignés comme des « terroristes » par la justice espagnole et française.

    Agir Ensemble pour la Paix au Congo ne comprend pas commet le Président rwandais, Paul Kagame, a pu venir au Canada en avril 2006 alors que des lourdes présomptions en rapport avec la planification de l’attentat qui a déclenché le génocide au Rwanda pèsent sur lui ? Il est temps pour que le Front Patriotique Rwandais et ses dirigeants soient portés sur la liste des personnes indésirables pour le Canada. La paix dans la Région des Grands Lacs africains en dépend.

    Le Canada s’acharne sur les réfugiés qui cherchent sa protection pendant qu’il reste muet face aux terroristes avérés et contre lesquels la justice française et la justice espagnole ont lancé des mandats d’arrêt internationaux.

    Le Congo n’est donc pas en proie à une guerre civile comme nous le rapportent les médias occidentaux. Le Congo fait face à une guerre d’agression menée par le Rwanda, avec l’appui de l’Ouganda, du Burundi et des certaines puissances occidentales dont les compagnies minières sont actives en République démocratique du Congo ainsi que l’a clairement établi le Panel d’experts des Nations Unies sur le pillage des ressources naturelles du Congo.

    Les butins que les guerres en RDC rapportent aux sociétés multinationales sont tellement plantureux que la vie des Congolais et la paix du Congo n’ont plus de prix. « En effet, écrit Eline Briant, les sociétés multinationales ne se contentent plus aujourd’hui de dicter leurs lois aux gouvernements du monde, même aux plus puissants, ni de contrôler ces Etats.

    Elles nourrissent désormais l’ambition de fonder un nouvel ordre mondial, en procédant à la création de nouvelles entités étatiques qui seraient leurs propres émanations et fonctionneraient comme un de leurs organes. Ces puissances financières ont entrepris la reconquête et le remodelage des pays du monde, retraçant de nouvelles frontières comme en ex-Yougoslavie, forçant la création de nouveaux Etats comme dans les Balkans, en Asie Centrale et bientôt en Afrique Centrale.

    Pour mieux contrôler leurs capitaux, elles imposent aux populations les dirigeants politiques de leur choix, qui sont souvent très mal connus du peuple, déstabilisent ainsi la région et donnent, par le biais hypocrite d’une soi-disant pacification, l’occasion aux armées de l’ONU d’entériner une scission de fait dont le peuple ne veut pas. Elles ont alors créé leur État dans l’État.

    Les gouvernements des anciennes puissances coloniales occidentales ne possèdent plus les moyens de leur politique en Afrique ; les multinationales propriétaires et manipulatrices d’énormes capitaux occupent désormais la place laissée vacante, et, de gré ou de force, mettent en place un nouvel ordre politique dicté par leurs seuls intérêts au détriment des populations.

    La tentative d’appropriation du Congo par la guerre devrait permettre à ces multinationales minières, si la victoire choisit le camp de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi qui se battent pour elles, de faire main basse sur les richesses minières congolaises et d’en faire l’usage qui correspondrait le mieux à leurs intérêts.

    Par ailleurs, les cargaisons d’armes qui arrivent par bateaux entiers de Tanzanie et le rôle du gouvernement tanzanien dans son soutien à la guerre en RDC ne sont jamais mis en doute. Cela pourrait avoir quelque chose à voir avec les licences minières de BG dans les territoires Massaï en Tanzanie » (http://www. almanar.com. lb)

    La guerre qui sévit au Congo est une guerre pour l’exploitation des fabuleuses richesses dont regorgent le sol et le sous-sol du Congo. Le Congo fait face à une guerre qui a des commanditaires et des exécutants locaux : Nkundabatware tout comme Paul Kagame et les officiers rwandais cités dans les deux mandats d’arrêt internationaux sont des membres du Front Patriotique Rwandais qui a pris le pouvoir à Kigali et qui tente d’annexer une partie du territoire congolais pour résoudre l’éternel problème de la densité démographique et de l’absence des ressources pour financer les guerres de conquêtes auxquels s’adonnent les dirigeants au pouvoir à Kigali.

    Voici ce qu’écrivait le 30 octobre 2008 le journaliste et réalisateur Paul Moreira de son retour du Congo :

    « Les Rwandais et les Ougandais vont se concentrer sur l’exploitation des régions minières proches de leurs territoires.

    D’abord directement. Puis, après la fin de l’occupation militaire officielle, par l’intermédiaire de partis et de milices qu’ils financent, arment et contrôlent. Les Ougandais se sont implantés en Ituri et les Rwandais au Nord Kivu. Chacun dans la région qui borde leur frontière. Officiellement, le Rwanda nie toute implication dans l’existence de ces milices. Un groupe d’experts de l’ONU dépêché dans la région au début des années 2000 a établi et documenté le lien organique entre les deux puissances régionales et le triangle mortel de cette guerre d’appropriation : milices-minerais- armes.

    Ils ont émis une série de rapports sur le pillage du Congo, implacables et terribles pour le Rwanda.

    La stratégie de « guerre par proxies » y est mise en lumière de manière explicite. Il y est clairement démontré comment le Rwanda entretient la guerre et l’instabilité pour servir ses intérêts : la ‘stratégie du Rwanda, écrivent les experts de l’ONU, consiste à amener sous son contrôle et son influence des portions importantes du territoire de l’est du Congo. (...)

    Le rétablissement du contrôle d’un gouvernement d’unité nationale mettrait en danger ce but de contrôle territorial ‘. Aujourd’hui, ce n’est plus un secret, tous ont conscience que la guerre au Congo est motivée par le désir d’extraire les matières premières, y compris les diamants, l’or, le colombo tantale (coltan), le niobium, le cobalt, le cuivre, l’uranium et le pétrole.

    Au Congo, l’exploitation minière par les multinationales occidentales se fait à un taux sans précédent et il est estimé que quelques 6 millions de dollars, uniquement en cobalt brut - un élément des superalliages essentiels aux industries nucléaires, chimiques, aérospatiales et militaires sortent chaque jour de la RDC.

    Toute analyse de la géopolitique au Congo nécessite une bonne compréhension du crime organisé perpétré au moyen des multinationales. Cela permet de mieux comprendre la raison pour laquelle le peuple congolais subit une guerre incessante depuis 1996, Les ressources minières dans d’autres pays du monde sont déjà fortement entamées, si pas épuisées, et celles qui sont en exploitation présentent des coûts de revient trop élevés. Ainsi, les grands financiers de ce monde, chasseurs de richesses minières ont les yeux braqués sur l’Afrique Centrale où les gisements découverts sont encore inexploitées ».

    Les Canadiens et les Canadiennes sont profondément attachés aux valeurs de paix et de compassion. Les viols des femmes, les massacres des populations civiles et les violations massives des droits de l’homme qui sont commis en toute impunité à l’Est du Congo ne peuvent que choquer leurs consciences.

    Ils ne peuvent donc pas comprendre que leur gouvernement ne puisse entreprendre aucune initiative pour arrêter l’holocauste des Congolais. Ceux-ci sont décimés sur leur propre territoire par l’armée rwandaise parce qu’ils s’opposent à la balkanisation de leur pays, au pillage de leurs fabuleuses richesses et à l’agression dont leur pays est victime.

    Monsieur le Premier Ministre,

    En vous adressant le présent mémorandum, nous les Canadiens d’origine congolaise, avons voulu fournir au gouvernement que vous dirigez et, à travers vous, à tous nos élus, des éléments objectifs sur les motivations réelles de guerre qui sévit actuellement en République démocratique du Congo et qui a été délibérément décrite comme une guerre civile alors qu’il s’agit d’une véritable guerre menées par des États contre un État.

    Lorsque les États membres des Nations Unies violent l’interdiction du recours à la force, les autres membres ont l’obligation de les rappeler à l’ordre.

    Par ailleurs, lorsqu’un État, un individu ou une association terroriste se rend coupable de massacres systématiques, des viols, de violences et autres abus contre les populations civiles, les autres nations civilisées ont l’obligation de défendre les victimes en mettant le délinquant hors d’état de nuire.

    L’Officier du Front Patriotique Rwandais qui a occupé l’est du Congo nargue la Communauté internationale depuis des nombreuses années. Le Canada qui est présent en Afghanistan au nom des valeurs de paix et de démocratie ne peut demeurer indifférent face à ce que d’aucuns qualifient d’holocauste des Congolais.

    En nous appuyant sur les renseignements que nous fournissent les deux mandats d’arrêt internationaux lancés contre les membres du Front Patriotique Rwandais au pouvoir à Kigali, nous avons voulu démontrer l’implication des pays voisins du Congo, notamment le Rwanda dans les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le pillage des ressources naturelles du Congo.

    Nous avons voulu démontrer, à la lumière du mandat d’arrêt international lancé par la justice espagnol le lien qui existe entre le génocide rwandais et la guerre en cours en République démocratique du Congo. En créant le Front Patriotique Rwandais, les Rwandais réfugiés en Ouganda se sont assignés un triple objectif tel que nous pouvons le lire dans le mandat d’arrêt espagnol :

    « Éliminer le plus grand nombre de personnes de l’ethnie hutu, principalement dans le pays d’origine (a), prendre le pouvoir par la force (b), constituer une alliance stratégique de l’ethnie tutsi, en collaboration avec d’autres alliés occidentaux, pour terroriser la population du Rwanda, puis ultérieurement toutes les populations de la région des Grands Lacs afin d’élargir son aire de puissance, de contrôle et d’influence et d’envahir le Zaïre pour s’approprier ses richesses naturelles et ainsi financer la guerre » (c).

    Recommandations pour contribuer à la restauration de la paix durable en RDC

    Monsieur le Premier Ministre,

    Les Canadiens d’origine congolaise comptent sur votre leadership pour réunir autour d’une table des États épris de paix et de justice pour :

    -  Prendre des mesures afin de mettre un terme au pillage systématique des ressources naturelles de la République démocratique du Congo auquel s’adonnent les États voisins, les groupes armés et les multinationales dont certaines ont leurs sièges sociaux dans les pays libres et démocratiques comme le Canada, la Grande-Bretagne , les États-Unis d’Amérique, l’Australie ou la France ;

    -  Mettre sur pied une commission parlementaire d’enquête sur les activités des entreprises minières en République démocratique du Congo,

    -  Mettre sur pied une Commission parlementaire d’enquête pour élucider les liens entre le génocide rwandais et les guerres successives qui ont sévi en RDC,

    -  Mettre sur pied une commission parlementaire pour clarifier les circonstances dans lesquelles ont été assassinés les prêtres canadiens,

    -  Soutenir les efforts des acteurs de la société civile du Congo qui luttent contre la balkanisation planifiée du Congo ;

    -  Envisager les voies et moyens visant à donner effet aux mandats d’arrêt internationaux pour que les personnes qui sont citées puissent être déférées devant les instances judiciaires compétentes,

    -  Prendre des mesures visant à donner effet aux différents accords relatifs à la restauration de la paix dans l’est du Congo,

    -  Porter le Front Patriotique Rwandais sur la liste des organisations qui encouragent la terreur,

    -  Interdire l’accès au territoire canadien les cadres du Front Patriotique Rwandais cités dans les mandats d’arrêt internationaux lancés par la France et l’Espagne ;

    En vous remerciant de la meilleure attention que vous accorderez à notre mémorandum, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre très haute considération.

    Pour AGIR ENSEMBLE POUR LA PAIX AU CONGO

    Répondre à cet article