Toute la prospérité du Katanga, qui fait l’essentiel de la croissance de l’ensemble de la RDC, notamment en ce qui concerne les finances publiques, est menacée d’effondrement à la suite de la crise financière internationale.
Parce que, relève le député MLC François Muamba, « cette prospérité est bâtie sur un modèle de sociétés minières qui sont doublement frappées, d’abord, dans leurs capacités à lever des fonds ».
Le député national et secrétaire général du MLC, François Muamba, a mis en garde, samedi à Kinshasa, le gouvernement et les sociétés minières implantées essentiellement au Katanga contre les répercussions de la crise financière internationale sur l’économie nationale.
« Notre peuple doit savoir que, ce qui se passe sur le plan international en terme de crise financière, va frapper d’abord le Katanga », a-t-il averti.
« Vous savez que, quand la bourse s’effondre et que des gens ont pris des titres dans le Katanga, cela veut dire que toutes ses sociétés vont avoir un mal fou à lever des fonds », a-t-il rappelé au cours d’un cocktail ayant regroupé les leaders de l’opposition politique à La Piscine, à l’occasion de l’anniversaire du sénateur Jean-Pierre Bemba célébré le 4 novembre 2008 à Kinshasa.
Il a insisté sur le fait qu’« une société qui ne peut pas trouver du cash, c’est une société qui ne peut pas investir. Par conséquent et très rapidement, on va assister, au mieux, à des débauchages et, au pire, à des fermetures d’entreprisses au Katanga ».
A son avis, le problème se pose par rapport à la prospérité relative qu’on observait dans le sud de la RDC. « Lorsque les cours des matières premières s’effondrent, cela veut dire que tout ce qui est produit s’effondre.
Le cuivre, par exemple, qui était valorisé dans le contrat chinois à 8.000 dollars US, est aujourd’hui en dessous de 3.000 dollars pour la tonne », a-t-il indiqué au journal Le Potentiel.
LE GOUVERNEMENT « INCAPABLE »
Le député François Muamba a affirmé que « le gouvernement en place, qui est soutenu par la majorité qui est au Parlement, est incapable d’apporter des réponses aux problèmes du pays ». Là-dessus, a-t-il déploré, « nous, à l’opposition, ne nous faisons aucune illusion ».
« La preuve est que, quand M. Muzito est venu pour obtenir son investiture, il a commencé par dire que, par rapport à l’Est, il était d’accord avec les recommandations de l’Assemblée nationale et qu’il allait faire de ces recommandations siennes.
Deux jours après, nous avons appris totalement le contraire parce que le Premier ministre dit qu’il ne va pas négocier. Alors que c’était l’un des éléments substantiels des propositions venant du Parlement.
Il y a une majorité automatique, il y a un gouvernement parallèle qui donne des injonctions », a-t-il expliqué.
« Ça veut dire quoi, quand le Premier ministre dit, à partir de Goma, qu’il sera à l’écoute du CNDP ? Si vous regardez toutes les grandes chaînes de télévision internationales, il y a deux sujets importants aujourd’hui qui y passent : Obama et Nkunda. La RDC n’existe pas parce que, quand on parle de la RDC, la seule image qu’on voit, les seules déclarations qu’on entend sur CNN et France 24 sont celles de Nkunda ! », s’est-il indigné.
A propos de la déclaration du SG de l’ONU selon laquelle les ressources de la MONUC ont « atteint leurs limites », François Muamba a rappelé les responsabilités du gouvernement. « Un milliard de dollars par an, c’est beaucoup ! Je pense que la RDC doit trouver des solutions internes.
C’est la responsabilité de notre gouvernement de protéger les gens qui sont en errance. C’est la responsabilité d’un gouvernement que de faire en sorte qu’il y ait de la sécurité des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire. On nous parle des Angolais qui arrivent et tutti quanti, c’est ridicule.
Comment on va faire pour les faire partir ? Nous avons un gouvernement irresponsable ! », s’est-il exclamé.
L’OPPOSITION « S’ORGANISE »
Constatant que « les choses n’ont pas changé », le secrétaire général du MLC pense qu’ il « n’y a qu’une seule possibilité pour avancer, c’est que l’opposition s’organise et offre l’alternative. Démocratiquement, bien entendu ».
C’est dans cette perspective que le MLC a fait appel samedi aux leaders de l’opposition politique. « Cette invitation s’inscrit dans une double démarche, celle de ne pas oublier l’un des nôtres, le sénateur Jean-Pierre Bemba qui a fêté son anniversaire le 4 novembre, et celle de réunir, dans un format pluriel, l’opposition républicaine - l’opposition tout court - qui est vue par notre peuple comme étant des gens qui travaillent aujourd’hui pour bâtir une alternative à la situation indescriptible que connaît notre pays », a expliqué François Muamba.
« Nous avons pensé aussi que ce soit un moment de convivialité, un moment de contacts et d’échanges, même informels, de manière à ce que nous puissions - dans les jours, les semaines qui viennent - tous ensemble, ceux qui sont dans les institutions et ceux qui ne sont pas dans les institutions, nous accorder sur la manière de rebondir.
Maintenant que, définitivement, il est clair que c’est notre responsabilité d’offrir autre chose que ce qu’on voit aujourd’hui », a-t-il spécifié.
En outre, a-t-il signalé, « il y a des défis qui nous touchent de très près, parce que l’emploi, c’est la vie au quotidien des Congolais et des Congolaises, c’est leur capacité à pouvoir envoyer leurs enfants à l’école, à pouvoir assurer des soins de santé ».
« Nous avons voulu nous retrouver pour que, tout en prenant un verre, nous puissions échanger et apporter une fois de plus, dans les jours qui viennent, une réponse concertée, commune, générale, de manière à ne pas donner l’impression que nous abandonnons le peuple », a-t-il indiqué.
« Ce que nous voulons maintenant, c’est véritablement nous donner la main les uns les autres, pouvoir être ensemble et seulement ensemble. Nous voudrions être à même de pouvoir offrir cette alternance à notre pays », a conclu le secrétaire général du MLC.
Outre les fondateurs et les membres du comité exécutif du MLC, étaient présents à la réception, notamment Me Matadi Nenga (RCD), Me Jean-Joseph Mukendi (UDPS), Eugène Diomi Ndongala (DC), Jean-Claude Vuemba (MPCR), Me Kamanda Wa Kamanda (FCN), Charles Bofasa Djema (GR), Franck Diongo (MLP), Roger Lumbala (RCD/N), Lisanga Bonganga et Chalupa.