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Après sept jours d’observation : La vraie campagne électorale démarre la semaine prochaine

 
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    (Le Potentiel 07/07/2006)

    Les dés sont jetés, disons-nous, en ce qui concerne le processus électoral. Tout ressemble maintenant à « un combat de boxe ». Il y a ces minutes d’observation avant que les « boxeurs » ne se rentrent dedans. Voilà exactement sept jours depuis que la campagne électorale a été lancée officiellement. Sept jours d’observation marqués par « un bras de fer » qui avait tout l’air d’une « diversion ». Ce temps passé, tous les candidats sont maintenant en campagne électorale. Les prochains jours s’annoncent très intéressants.

    Il n’y aura pas de « gel » de la campagne électorale. Qu’on ne se fasse plus d’illusions, naïves, dirait l’ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa. Pour preuve, on vient de constater que tous les candidats à l’élection présidentielle sont maintenant en campagne électorale.

    Constat manifeste avec toutes ces affiches le long des avenues et nombreuses dans les carrefours, jusqu’à « saouler » de slogans les électeurs devant cet embarras de lecture. Tous en campagne électorale, les candidats à l’élection présidentielle, même ceux qui avaient exigé le gel, ont répondu à l’appel de la Haute autorité des médias pour des débats télévisés. Pas plus tard que mercredi, Me Nlandu, Dr Kashala et le Père Bashigirize, ont été les invités de la chaîne de télévision Antenne A pour présenter leurs projets de société et programmes d’action. Débat intéressant qui permet déjà à la population de se faire une idée de la qualité des candidats et de la substance de leurs programmes et projets de société.

    Bien avant eux, Antoine Gizenga du Palu, les vice-présidents Jean-Pierre Bemba du MLC et Azarias Ruberwa du RCD ont ouvert officiellement leur campagne électorale. Ils avaient été devancés par le candidat Pierre Pay Pay de la Codeco, lequel rejette toute idée de « gel » et de « négociations », insistant pour qu’ on aille directement aux élections dès lors que ces démarches, à ses yeux, ne constituent qu’une diversion .

    Nous serions incomplets si nous ne nous empressions pas de parler du PPRD qui, avec le candidat Joseph Kabila, soutenu par l’Alliance de la majorité présidentielle, avait précédé tout le monde pour se jeter dans la campagne électorale. L’objectif est de se faire élire au premier tour.

    Enfin, Joseph Olenghankoy vient de se jeter également à l’eau. Dans sa dernière déclaration à la presse, il s’est exprimé en ces termes : « Nous ne nous sommes pas opposés à l’organisation des élections suivant le calendrier arrêté, mais notre démarche a consisté dans l’exigence de garanties de la transparence du processus électoral, compte tenu de quelques cas avérés de fraude dénoncés par la Commission électorale indépendante, CEI », elle-même. Olengkankoy est bien en campagne électorale.

    Conscient que l’on n’est que mieux servi par soi-même, le président national des Fonus a lâché la phrase tant attendue par ceux qui invitent les candidats à l’élection présidentielle à ne pas seulement dénoncer les fraudes, mais d’anticiper des actions frauduleuses : Olenghankoy demande aux Congolais « à garantir eux-mêmes la transparence du processus électoral en luttant contre toute tentative de fraude ». Et de se tourner vers ses militants : « Il nous paraît nécessaire de faire de vous les garants du processus électoral pour assurer le succès des scrutins présidentiel et législatif prévus le 30 juillet en luttant contre toute tentative de fraude ». Voilà une phrase qui ne manquera pas de réjouir le président de la Commission électorale indépendante ainsi que plusieurs observateurs des élections. Il s’agit tout simplement de l’organisation que les partis politiques et les candidats indépendants doivent eux-mêmes, les premiers concernés, à mettre en place pour contrer les fraudes.

    BIENTOT L’AMBIANCE A L’AMERICAINE

    Sept jours d’un début de campagne électorale timide. Sept jours d’observation pour ceux qui continuaient à croire qu’il y aurait un report des élections. Mais Malumalu, soutenu par les partenaires extérieurs, une bonne partie de ceux qui refusaient les négociations et le gel de la campagne électorale, n’ont pas changé d’avis. Maintenant, la campagne électorale s’enfonce davantage dans cette quête de séduction pour convaincre un électorat qui risque de surprendre.

    Mais qui veut aller loin, ménage sa monture. En jetant un coup d’œil sur les premières affiches, nous demeurons convaincus que la semaine prochaine s’annonce intéressante. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que les candidats tant à l’élection présidentielle que les législatives vont nous soumettre à une véritable campagne à l’américaine. Le moment est venu de s’appuyer sur des stratégies électorales élaborées pour gagner au premier tour ou être présents lors du deuxième tour.

    La pression sera forte. Raison pour laquelle la Monuc a mis en garde tous les candidats contre un langage pervers et la violence. Ceux qui se rendront coupables de ces faits, « ne bénéficieront pas du soutien de la communauté internationale ». Avertissement sévère et qui ne prête à confusion.

    Que dire alors de ces premiers sept jours ? Il est prématuré de tirer les leçons, tant il est vrai que ces premiers sept jours ont été marqués par l’incertitude sur la tenue des élections. Toujours est-il que la première chose à dire de façon lapidaire, c’est que tous les candidats demeurent encore dans les généralités, donnant l’impression que tous les projets de société et programmes se ressemblent. Aussi, sommes-nous convaincus que la différence se fera sentir à partir de la semaine prochaine. Le ciel pourrait s’éclaircir.

    DES QUESTIONS SANS REPONSES

    En attendant, il reste des questions encore sans réponses La première est liée à la sécurité des candidats. Il nous revient qu’au cours de la rrencontre du 29 juin 2006 qui a réuni l’espace présidentiel, le Ciat, le président de la CEI, les ministres de la Défense et de l’Intérieur ainsi que les candidats à l’élection présidentielle, des dispositions avaient été prises. Ce qui explique ce communiqué de la Police nationale demandant aux candidats à l’élection présidentielle d’introduire leur demande de protection Malheureusement, les points de vue ne s’accordent pas sur les modalités d’exécution. Le candidat Lumbala exige des éclaircissements là-dessus. Quant à son collègue Pierre Anatole Matusila, au regard que de ce qui s’est passé avec la « mise en résidence surveillée » temporaire des candidats à l’élection présidentielle, il s’interroge sur l’origine de ces unités de la Police. Citant son propre cas, il a déclaré à la presse que des éléments de Police qui assuraient sa protection avaient été retirés sur ordre de la hiérarchie supérieure, la même qui leur demande maintenant d’adresser une demande d’octroi d’unité de protection.

    Outre la sécurité des candidats, il y a l’Ituri et le Kivu. La violence et la mort demeurent au quotidien. La deuxième question est liée à la gestion de l’Etat pendant cette période électorale. Les principaux animateurs des institutions de la transition n’ont pas encore répondu à l’urgence d’un « gouvernement de technocrates ». Or, cette question est d’une importance capitale, et ce pour plusieurs raisons. Les candidats ne peuvent être à la fois juge et partie ; il y a risque de détourner des biens publics ; et enfin l’Etat sombrera dans la léthargie.

    Mais fait plus sérieux : la RDC et la Côte d’Ivoire présentent des similitudes liées à la légitimité du pouvoir. Aujourd’hui, l’Onu est au chevet de la Côte d’Ivoire pour résoudre cette question alors que les élections sont reportées au mois de septembre 2006. La RDC est déjà dans cette situation dans la mesure où les élections n’ont pas eu lieu, constitutionnellement parlant, avant le 30 juin 2006. Et puisque « TOUS » sont en campagne électorale, l’Onu peut déjà échanger avec les principaux animateurs de la transition dans le but de ne pas aliéner la gestion de l’Etat dans ce dernier parcours de la transition.

    Par Le Potentiel

    responsable de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila ?

    (Les circonstances objectives de l’assassinat le 16 janvier 2001 du Président congolais Laurent Désiré Kabila restent inconnues à plus d’un titre. Qui la tué, pour quoi, quand et qui ont commandité cet acte à l’intérieur du pays comme à l’extérieur ?

    La version officielle présente des failles et soulève des interrogations que nous livrons à la réflexion du lecteur. Il y a aussi le fait troublant du Congo qui, au mois de juin 1999 accuse en bloc le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda d’avoir envahi et occupé militairement son territoire et, juste la veille de l’assassinat de Laurent Kabila, retire sa plainte contre le Rwanda et le Burundi, tout en la maintenant contre l’Ouganda !

    Notre démarche ne cherche pas à faire l’apologie de Laurent Désiré Kabila dont la politique et les comportements étaient aux antipodes des nôtres. Mais, même arrivé au pouvoir par accident, il était le chef d’Etat d’un pays, le Congo-Kinshasa et présidait aux destinées d’un peuple, le peuple congolais. Il a été assassiné le 16 janvier 2001 à Kinshasa et remplacé par un jeune militaire de 29 ans, inconnu jusqu’alors sur la scène politique. Le devoir de vérité nous oblige à nous interroger. Mais avant cela, voici la chronologie des événements.

    La chronologie des faits

    Les évènements repris ici sont ceux qui sont reliés aux moments qui ont précédé, accompagné et suivi l’assassinat de Laurent Désiré Kabila, président de la république Démocratique du Congo. Pour la clarté du texte nous nommerons Kabila le président assassiné et Kabila Kanambe celui qui lui a succédé.

    Kinshasa, 23 juin 1999.

    Le Congo saisit la Cour internationale de justice, CIJ, pour la première fois, accusant le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi d’avoir envahi et occupé illégalement son territoire et violé sont intégralité territoriale.

    La Haye, 21 octobre 1999.

    Compte tenu des accords intervenus entre les parties, la cour décide par ordonnance que les pièces de la procédure écrites porteront d’abord sur la question de la compétence de la cour et de la recevabilité des requêtes. Et elle fixe le délai pour le dépôt des pièces : le 21avril 2000 pour le dépôt des mémoires des trois pays accusés le 23 octobre 2000 pour le dépôt du contre mémoire de la République Démocratique du Congo. Par ordonnance du 19 octobre 2000, la cour reportera le délai du Congo au 23 janvier 2001.

    Kinshasa, fin octobre 2000.

    Kabila, malade, subit des examens médicaux qui révèlent, semble-t-il, un empoissonnement alimentaire. Soupçonnée de tentative d’empoissonnement sur la personne du chef d’Etat, Madame Sifa Mahanya, sa compagne, est arrêtée et conduite à la prison de Makala.

    Kinshasa, 11 janvier 2001. A l’insu de chef de l’Etat, Joseph Kabila Kanambe, fait libérer madame Sifa Mahanya, qui est aussitôt amenée à Lubumbashi où elle est cachée

    Lubumbashi, 12 janvier 2001.

    Le président Kabila s’apprête à se rendre au Cameroun pour le sommet de la Francophonie, Kabila Kanambe, le déconseille de s’y rendre parce que sa vie y serait en grand danger. De Lubumbashi, le chef de l’Etat annule son voyage et regagne Kinshasa.

    Kinshasa, 15 janvier 2001.

    Sur ordre du général major Kabila Kanambe, chef d’état major et commandant des forces terrestres, tous les militaires des forces armées résidant à Kinshasa sont désarmés. Sans explication.

    Kinshasa, le même jour.

    Le gouvernement congolais fait savoir à la cour internationale de justice que son pays se désiste de ses accusations contre le Rwanda et le Burundi, mais maintient celles contre l’Ouganda. Les gouvernements rwandais et burundais sont aussitôt informés par la CIJ du désistement congolais et ont jusqu’au 23 janvier 2001 pour s’opposer éventuellement à ce désistement.

    Kinshasa, le même jour.

    Sur ordre du général major Kabila Kanambe, le colonel Eddy Kapend, aide de camp du Chef d’Etat, ordonne l’arrestation de M. Ismaël Tutwemoto, chef principal de la direction Extérieure de l’agence nationale des renseignements, ANR/DE, alors qu’il revient dune mission à l’étranger. Monsieur Georges Leta Mangasa, administrateur général en chef de l’ANR, procède à l’arrestation. Détenu pendant deux mois, M.Tutwemoto sera libéré sans explication sur les raisons de son incarcération.

    Kinshasa, le même jour.

    Le chef d’état major Joseph Kabila Kanambe s’envole pour Lubumbashi.

    Kinshasa, 16 janvier 2001.

    Dans la mi-journée des coups de feu retentissent dans l’enceinte du palais de Marbre, la Résidence présidentielle. Laurent Désiré Kabila, atteint à la tête, meurt peu après.

    Paris, le même jour.

    Radio France internationale, RFI, parle de « quelque chose de très grave « qui s’est passée au palais présidentiel ». Pendant que les médias audiovisuels officiels de Kinshasa continuent à émettre comme si rien n’était.

    Bruxelles, le même jour.

    Le ministère belge des affaires étrangères, annonce la mort de Kabila par assassinat. Dans l’après-midi la diplomatie belge reprend la nouvelle au conditionnel.

    Kinshasa, le même jour.

    Laide de camp du chef de l’Etat, le colonel Kapend, apparaît sur les écrans de la chaîne publique de TV, les yeux hagards, les lèvres sèches et, sur un ton sec et autoritaire, se présente et ordonne à toute la hiérarchie militaire, citée nommément, de « maintenir les troupes au calme et de fermer toutes les frontières du pays ». Sur les raisons de cette déclaration qui ressemble à un putsch militaire, Eddy Kapend ne dit rien, mais promet des informations pour plus tard. Il ne réapparaîtra que le 23 janvier dans la garde d’honneur lors des funérailles du président Kabila.

    Kinshasa, plus tard toujours le même jour.

    Le ministre de l’information et porte-parole du gouvernement, Dominique Sakombi, prend le relais de Kapend pour annoncer au peuple congolais et au monde que « lors de tirs de coups de feu dans le palais de Marbre, le président Laurent Kabila a été blessé et transporté à Harare, Zimbabwe, pour des soins. Au nom du de la République et du peuple congolais, il lui souhaite une prompte guérison et un bon retour parmi les siens.

    Kinshasa, dans la soirée du même jour.

    La dépouille mortelle de Laurent Désiré Kabila s’envole pour Harare via Lubumbashi ; le Chef d’état major, le commandant des forces armées terrestres Joseph Kabila Kanambe fait partie du voyage.

    Kinshasa, 18 janvier 2001.

    Le ministre de la communication annonce la mort de Laurent Kabila « survenu ce jour », Dit-il, dans un hôpital de Harare au Zimbabwe. Des circonstances de sa mort, le porte-Parole du gouvernement explique « qu’un garde du corps est entré dans le bureau du Chef de l’Etat et s’est approché de lui comme pour lui parler à l’oreille. C’est à cet instant qu’il a sorti son arme et a tiré à bout portant sur le président Kabila. Le conseiller économique, Emile Mota, qui était en séance de travail avec le chef de l’Etat, est sorti alerter la garde présidentielle qui a abattu le tueur qui tentait de fuir ». Le nom du tueur n’est pas cité et ne le sera jamais.

    Bujumbura et Kigali, 19 et 21 janvier 2001.

    Le Burundi et le Rwanda informent respectivement la cour internationale de justice qu’ils acceptent le désistement du Congo notifiée à la CIJ le 15 janvier du mois en cours.

    Kinshasa, 23 janvier 2001.

    Laurent Désiré Kabila est inhumé. Entre-temps, le général major Joseph Kabila Kanambe, chef de l’armée de terre, succède à « son père ». Il a vingt neuf ans.

    Kinshasa, à cette même occasion.

    Pour la première fois, la télévision publique présente Madame Sifa Mahanya, revenue de Lubumbashi, comme l’épouse du défunt Laurent Désiré Kabila et la mère du nouveau président Joseph Kabila Kanambe.

    Des interrogations gênantes

    Voilà la trame des événements qui ont précédé, accompagné ou suivi l’assassinat de Laurent Désiré Kabila ce 16 janvier 2001. Comme dit dans le préambule, cette chronologie soulève plusieurs interrogations restées sans réponse à ce jour. En voici quelques unes choisies arbitrairement, il faut l’avouer.

    Tout d’abord, comment comprendre ce comportement du gouvernement de Kinshasa qui, après avoir saisi le 23 juin 1999 la cour internationale de justice dune plainte contre le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda pour envahissement et occupation militaire du Congo, retire 18 mois plus tard, le 15 janvier 2001, sa plainte contre le Rwanda et le Burundi, mais la maintient contre l’Ouganda ? Si oui, pour quelles raisons ? Si non qui la fait et dans quel but ? Dans un cas comme dans l’autre, pourquoi retirer les charges contre le sanguinaire Paul Kagame et son collègue du Burundi, et maintenir les mêmes charges contre Musevenyi ? La coïncidence des dates entre ce désistement du Congo et les préparatifs de l’assassinat de Laurent Kabila sont troublants. Pour le moins !

    Il y a ensuite le cas de Mme Sifa Mahanya, jetée en prison par Désiré Kabila pour tentative d’empoisonnement sur sa personne, libérée secrètement par Joseph Kabila Kanambe pour la cacher à Lubumbashi. Ce n’est qu’après son assassinat quelle apparaît comme son épouse et la mère de Joseph Kabila Kanambe. Pourquoi cette apparition soudain à ce moment là ? Mme Sifa est-elle la mère biologique, la tutrice de Joseph Kabila Kanambe ou une complice d’intrigue ? Serai-ce une fabulation inventée pour forger une filiation « juteuse » au successeur de Laurent Kabila ou la réalité des faits ? Quant à Laurent Kabila lui-même, est-il le géniteur de Kanambe, son tuteur ou son père adoptif légal ? Pourquoi Kabila s’est-il toujours refusée de son vivant à présenter au peuple congolais sa famille ?

    Un autre point d’ombre.

    Ces informations de dernière minute apportées le 12 janvier à Kabila par « son fils » selon lesquelles sa vie était en danger s’il se rendait au sommet de la Francophonie à Yaounde au Cameroun. Obligeant le chef de l’Etat à regagner Kinshasa où, Joseph Kabila Kanambe veillait sur sa sécurité. Laurent Kabila est assassiné quatre jours après dans son palais.

    La veille de l’assassinat, Joseph Kabila Kanambe, commandant en chef des troupes terrestres, fait désarmer tous les militaires des garnisons de Kinshasa, laissant la capitale du pays sans protection. Qu’est-ce qui motive cette grave décision, si ce n’est pour prévenir une réaction armée à l’assassinat du chef de l’Etat programmé pour le lendemain ? A mettre aussi en parallèle, l’appel au calme lancé peu après la mort de Laurent Kabila par son aide de camp, le colonel Kapend, alors qu’il sait pertinemment que les garnisons de Kinshasa sont démunies d’armes et de munitions.

    Autre anomalie : la veille de l’assassinat de <> ? Joseph Kabila Kanambe non seulement désarme les troupes de Kinshasa, non seulement il fait arrêter un haut responsable du renseignement de l’ANR/DE rentrant dune mission à l’étranger, mais tranquillement il s’envole le même jour pour aller passer la nuit à Lubumbashi ! Que va-t-il faire à Lubumbashi, lui qui sait que le danger de mort guette son « père » qu’il a convaincu de revenir à Kinshasa ? Il est curieux de constater que personne ne demandera à Joseph Kabila Kanambe des comptes sur son comportement pour le moins surprenant ! Sous d’autres cieux africains, à plus forte raison dans les capitales occidentales, le commandant en chef des forces terrestres aurait été sommé de s’expliquer devant une commission d’enquête diligentée par l’assemblée nationale.

    Autre interrogation. Pourquoi le gouvernement congolais ment-il sur la date de la mort du chef de l’Etat ? En effet, les médecins de la clinique auprès de qui le blessé est amené peu après le ou les coups de feu ne peuvent que constater son décès. Pourquoi alors cette mascarade de soins dans une clinique à Harare, alors qu’il ne s’agit plus que dune dépouille mortelle ? Ce mensonge a nourri toutes sortes de rumeurs dont la plus courue est celle d’un coffre fort de Laurent Kabila à Harare qui ne pouvait s’ouvrir qu’avec l’empreinte de ses doigts.

    Le ridicule de la situation, c’est que pendant que Dominique Sakombi s’évertue à souhaiter une bonne guérison au président blessé, les medias du monde annoncent à qui veut l’entendre que Laurent Désiré Kabila est mort sur le coup, et le peuple congolais est ainsi informé par ces mêmes medias.

    Commanditaire(s), complice(s) et exécutant(s)

    Qui a tué Kabila, qui a donné l’ordre, qui a décide de son assassinat ? Au niveau de l’assassinat physique, deux versions différentes circulent. Il y a d’abord celle du ministre Sakombi qui parle « d’un collaborateur proche de Kabila dont la présence dans bureau à cette heure là de la matinée ne soulève aucun problème ». Il tue le chef de l’Etat à bout portant, mais épargne son conseiller économique ; le seul témoin oculaire de la scène, dont le témoignage aurait pu accabler le tueur devant la justice, sil avait été pris vivant, a la vie sauve ! La seconde version est celle d’un commando de libanais qui aurait élimine Laurent Kabila, se serait fait prendre à son tour, aurait été jugé et exécuté.

    Quoi qu’il en soit, il ne ’agit là que d’exécutant, Mais les vrais commanditaires au plan intérieur demeurent cachés. L’histoire, le temps et la patience finiront par les révéler ; aussi serait-il naïf d’attendre une quelconque indication de ceux qui sont au pouvoir au Congo aujourd’hui. N’ont-il pas engrangé les bénéfices de l’assassinat Laurent Désiré Kabila ? N’empêche que le peuple congolais veut, et c’est son droit, connaître la vérité sur le rôle jugé dans cet assassinat par un Joseph Kabila Kanambe ? L’homme est un dissimulateur, on le sait, mais il existe un faisceau de faits objectifs qui le rattache à l’assassinat de son père.

    Premièrement, Mme Sifa est jetée en prison par Kabila « père » pour tentative d’empoisonnement ; mais elle est libérée par Kabila « fils » et cachée à Lubumbashi d’où elle sortira à la mort de Laurent Kabila pour prétendre à la maternité de Kabila « ils » d’avec le défunt Kabila. En second lieu, le chef de l’état en partance pour le sommet de la francophonie annule son déplacement sur le conseil de Kabila « fils » qui affirmer avoir des informations sérieuses sur un « plan d’exécution » mis en place contre « son » père pendant ce sommet.

    En troisième lieu, il y a le fait que la veille de l’assassinat, Kabila « fils » désarme les troupes de Kinshasa et fait arrêter le porteur d’un message de première importance venu de l’extérieur,destiné à Kabila « père ».

    En quatrième lieu, ayant accompli cela, Kabila Kanambe s’éloigne de Kinshasa, le lieu du trame imminent, pour aller passer la nuit à Lubumbashi, où l’a précédé Mme Sifa. D’où il apprendra le lendemain l’assassinat de son « père ». Kabila Kanambe,connaissait le danger de mort qui planait sur la tête de Laurent Kabila. Il l’a fait revenir de Lubumbashi pour le fixer à Kinshasa et, à son insu, dépouillé de ses forces militaires et coupé de ses sources d’information resserrant peu à peu l’étau autour de son cou .Ce n’est pas Joseph Kabila Kanambe qui a tiré le coup de feu fatal qui a tué Laurent Désiré Kabila, mais il ne peut pas affirmer qu’il en est étranger .Ses gestes sont ceux d’un homme qui plante le décor où va se produire un grand événement, lourd de conséquences.

    Conclusion ?

    On nous accusera d’être des fous enragés qui voulons à tout prix accuser Joseph Kabila Kanambe d’un crime qu’il n’a pas commis, puisqu’il était loin de là quand il a eu lieu. C’est un argument usé que personne de sérieux ne peut retenir. Avouons cependant que la preuve formelle n’est pas faite de la culpabilité des intervenants rapprochés de la mort de Laurent Kabila et la mascarade de l’arrestation du colonel Eddy Kapend ne trompe personne de bon sens.

    La vraie enquête débarrassée des passions reste à faire. Elle seule pourra établir les faits impliquant les principaux acteurs de ce drame dont Joseph Kabila Kanambe et Eddy Kapend occupe la scène pour si être mis eux-mêmes. D’autres existent à travers le pays, l’Afrique et le monde .C’est un devoir de vérité que nous devons, nous peuple congolais pour exorciser les démons du mensonge et de la dissimulation érigés en système de gouvernement. Entre autres.

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