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Le Consul général de la RD Congo à Anvers veut séduire la Flandre

 
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    Au cours d’une manifestation organisée vendredi 26 mai, le MLC Jean-Jacques Mbungani a dit sa volonté de voir les investisseurs belges de souche flamande reprendre le chemin du Congo. Une excellente initiative.

    Les observateurs estiment néanmoins qu’un travail de fond, au niveau structurel, devrait être fait, côté congolais. Le consul général de la RD Congo à Anvers, Jean-Jacques Mbungani Mbanda, a organisé le vendredi 26 mai un déjeuner conférence sur le thème « Vue sur le Congo à la veille des échéances électorales ».

    Depuis sa nomination à ce poste consulaire, le diplomate se débat comme un beau diable pour susciter l’intérêt du monde flamand des affaires vis-à-vis de son pays. Une tâche qui est loin d’être aisée compte tenu des pesanteurs historiques et psychologiques qui jalonnent un demi-siècle des relations belgo-congolaises. Il fallait néanmoins oser.

    Près de deux cents personnes, dont de nombreux opérateurs économiques belges, ont participé à cette rencontre. Dans son mot introductif, le consul général a expliqué que la manifestation avait pour but de « sensibiliser » le monde économique belge, principalement celui des provinces d’Anvers et du Limbourg, sur la nécessité d’un « rapprochement commercial » entre la Belgique et le Congo-Kinshasa.

    La réunion du jour, a-t-il ajouté, visait également à fournir aux investisseurs potentiels des informations utiles sur la situation politique et économique du pays. Le diplomate a, à cette occasion, invité les représentants du monde des affaires de sa juridiction « à accompagner le développement économique » du Congo.

    L’orateur a sans doute été écouté. A-t-il été entendu ? Seul l’avenir le dira. Il importe d’ouvrir la parenthèse pour signaler que depuis les mesures de « zaïrianisation » de 1973, les investisseurs belges ont déserté l’ex-Zaïre au profit des pays comme l’Afrique du Sud - où vivent plus de 20 000 citoyens belges (la RD Congo en compterait moins de 3.000), l’Angola et le Nigeria. Après le changement de régime intervenu à Kinshasa en mai 1997, plusieurs missions économiques belges ont visité Kinshasa et Lubumbashi.

    Il n’empêche qu’une certaine frilosité reste de rigueur. « Il est urgent d’attendre la restauration d’un minimum de stabilité politique et de sécurité juridique et judiciaire », dit-on dans les milieux proches de la FEB, le patronat belge. Région de Belgique la plus puissante au double plan économique et politique, la Flandre considère, à tort ou à raison, les relations belgo-congolaises comme une « affaire » de Francophones en général et de Wallons en particulier.

    Entre Congolais et Flamands, il y a comme une barrière : la langue. Les officiels de la RD Congo de passage en Belgique traversent rarement la « frontière linguistique » pour visiter l’autre Belgique où sont fabriqués 80% des produits manufacturés portant le label « Made in Belgium ». A y regarder de près, la RD Congo n’a pas réajusté sa « politique belge » après les mutations institutionnelles intervenues dans le royaume. A Kinshasa, la Belgique est toujours perçue comme un Etat unitaire. Alors qu’elle est devenue plurielle.

    Il faut certes traiter avec le gouvernement fédéral mais sans ignorer les exécutifs régionaux. La RD Congo doit donc élaborer toute une politique d’ouverture vers la Flandre. Toute politique suppose des objectifs clairs à court, moyen et long terme. On ferme la parenthèse. Trois orateurs venus de Kinshasa ont succédé à Mbungani Mbanda. Administrateur-délégué général de l’Office national des transports (ONATRA), le RCD-Goma Alexis Gisaro, a parlé de la « vision congolaise » du jumelage entre les ports d’Anvers et Matadi.

    Le partenariat entre les deux institutions se concrétise par la réhabilitation des infrastructures du port congolais, grâce notamment à un accord financier, d’un import de 500 000 euros, signé en 2005.

    Paul Mabolia Yenga, conseiller au cabinet du ministre des Mines et coordonnateur du processus de Kimberley, a abordé la réforme du secteur minier congolais, en particulier sur le diamant dans les secteurs artisanal, industriel et de la petite mine. Il a signalé la vitalité de l’activité diamantaire dont les exportations sont passées de 10 millions de carats en 2000 à 32 millions en 2005.

    Le secteur artisanal, par exemple, a permis de réaliser l’année dernière 885 millions de dollars US de recettes. Hilaire Makindu Masamba, directeur de cabinet adjoint au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a fait une brève historique de la diplomatie congolaise depuis l’accession du pays à l’indépendance.

    Il a rappelé les hauts faits de cette diplomatie, sans oublier les difficultés dues notamment à la baisse des moyens financiers pour faire fonctionner les 65 missions diplomatiques éparpillées à travers le monde. Parmi les problèmes actuels, il a épinglé le rapatriement des diplomates en fin de mandat qui tarde à se réaliser depuis plusieurs années.

    Makindu a également indiqué que pour redonner « vigueur » à sa diplomatie, la RD Congo a décidé de réduire à 38 le nombre de ses missions à l’étranger, chaque mission devant comprendre désormais le chef de mission et quatre diplomates. D’aucuns objecteront que l’annonce est loin d’être inédite. En 1995, le gouvernement Kengo avait pris la résolution de ramener le nombres des postes à 30. Les moyens ne furent pas au rendez-vous.

    Une brochure éditée par le consulat général, en français et en néerlandais, a été distribuée à l’assistance. Il donne un aperçu général de la situation politique et économique de la RDC et renseigne sur les domaines d’investissement, comme l’agriculture, les mines et les hydrocarbures, les transports et les ports, l’électricité et l’eau, le secteur bancaire ainsi que le tourisme. Le document fournit en outre des indications sur les nouveaux codes des investissements, minier et forestier.

    B. Amba Wetshi (Avec APA)

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